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Full text of "Notice sur les travaux scientifiques"

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NOTICE 


travaux scientifiques 


DE M. H. BAILLON 



En me présentant devant l’Académie pour solliciter ses suffrages, je 
lui dois de faire connaître sommairement quelles idées générales ont 
dirigé mes travaux botaniques et d’indiquer en peu de mots le plan, la 
marche et le but de ma carrière scientifique. 

1’ Pour déterminer les lois de l’organisation des plantes, arriver, prin¬ 
cipalement par l’étude des développements, à fixer la signification mor¬ 
phologique des organes. 

2" La valeur des organes une fois déterminée, rechercher, par l’expé¬ 
rimentation directe, la part qu’ils peuvent prendre dans l’accomplissement 
des fonctions du végétal. 

3” De la connaissance de la signification des organes et des fonctions 
qu’ils concourent à remplir, tirer toutes les conséquences nécessaires à la 
classification et au groupement des végétaux ; comparer entre eux les 
types recounus de tout temps comme très-vpisins ; comparer également 
le plus grand nombre de ceux que l’usage a, depuis quelque temps, éloi¬ 
gnés les uns des autres ; les rapprocher, toutes les fois qu’il est possible de 
le faire, pour diminuer le nombre des groupes que l’analyse a mul¬ 
tipliés outre mesure; et constituer, à l’aide de la synthèse, un tableau 




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général du Règne végétal, avec la classification la plusconforme à la somme 
des caractères naturels. 

Je me suis donc proposé de bonne heure un but définitif à atteindre : 
élever à la botanique contemporaine un monument qui réunisse et résume 
tout l’ensemble de nos connaissances sur le Règne végétal; entreprise 
inspirée, toutes 'proportions gardées, par celle qui illustra Adanson au 
siècle dernier, et qui, le temps et mes forces le permettant, doit aboutir, 
après de nombreuses recherches préparatoires, à la publication suivie 
d’une Histoire des Plantes, dont la première portion est sous presse (1). A 
ce but unique concourent les trois ordres de moyens que nous venons 
d’indiquer et qui vont être successivement passés en revue. 

A. Organographie VÉGÉTALE. — A mou début dans la science, MM. Au¬ 
guste de Saint-Hilaire et Payer, dont je m’honore d’avoir été l’élève, 
m’ont toujours conseillé de ne pas tout d’abord disséminer mes forces sur 
un grand nombre de points divers et d’une médiocre importance. Ils 
m’ont engagé, au contraire, à condenser, dans une œuvre de longue 
haleine, non-seulement ce qui pouvait concerner, d'une manière spéciale, 
un groupe déterminé de plantes incomplètement connues, mais encore 
toutes les questions générales qui pourraient surgir de ce sujet particu¬ 
lier. C’est pour cette raison que je choisis d’abord le groupe des Enphor- 
biacéeSj comme présentant le plus de questions douteuses à résoudre et le 
plus de difficultés a surmonter. En commençant ce travail, publié eu 1859 
(LVIll) (2), je m’exprimais ainsi : « Ce qui, outre les conseils d’un maître 
aimé, m’a déterminé à tenter cette œuvre, c’est que le sujet, jusqu’ici, a 
été fécond en controverses. C'est surtout, en y regardant de près, qu’il ne 
s'agit pas simplement ici d’un certain nombre de plantes à décrire, à 
classer, à ranger par catégories. Leur étude soulève à chaque pas des 
questions qui intéressent tous les points capitaux de la science. » Aussi 
suis-je revenu, dans un grand nombre de travaux (XII, XXXIX, LVIII- 
LXXIII), sur cette famille, dont l’importance est considérable. 





Plus tard, j’ai de même publié des travaux spéciaux sur d’autres familles' 
intéressantes, telles que les Ericoïdées (XXXn, UH), les Caprifoliacées 
(XXIl), les Marantées(VI), les Bjttnériacées(XXI), les Bcrbéridées (XVI), 
lès Loranthacées (CX-CXl), les Bruniacées (CI), les Bhizophorées. (CIV), 
lés Mappiées (XCVIII), les Saxifragées (CXIII), etc. ; et je me suis, dans 
plusieurs écrits (LXXXVI-LXXXIX), attaché il l’étude approfondie des 
Renonculacées, parce que cette famille avait déjà été l’objet de prédilection 
des travaux d’A. de Jussieu et d’A. P. de Candolle, et parce qu’il m’a 
paru que, placée d’ordinaire en tête du Règne végétal, elle se rapproche 
au contraire des types inférieurs, dégénérés, dans lesquels la fleur mal dé¬ 
finie, sans nombre fixe des parties, des verticilles, sans modifications tran¬ 
chées de la consistance, de la coloration, de la durée des appendices, tend 
à chaque pas à se confondre avec les organes proprement dits de la végé- 

En présence des nombreux problèmes organographiques soulevés par 
l'examen de ces groupes végétaux, j’ai dû reconnaître, après beaucoup 
d’autres, l’insuffisance, pour la détermination morphologique des organes, 
de la plupart des moyens employés jusqu’à ce jour, tels que les caractères 
tirés de la forme, de la taille, des modifications subies par le tissu cellu¬ 
laire qui les compose et de la marche dans leur intérieur du tissu vascu -, 
laire. La connexion des organes entre eux et les rapports de position des 
parties ont toujours, au contraire, été, pour moi, l’objet d’une attention 
scrupuleuse, car ils m’ont paru un des moyens les plus sûrs d’arriver à 
déterminer leur valeur morphologique. 11 n’en a pas été de même des 
conséquences absolues tirées de l’examen des phénomènes tératologiques 
auxquels les botanistes ont accordé jusqu’ici une grande valeur. J’ai cru 
devoir, dans un grand nombre de travaux (LI, LU, LVI, CXIV),. 
m'efforcer de démontrer qu’il est dangereux de se fonder sur les anomalies 
accidentelles et les monstruosités pour déterminer les lois de l’organisation 
végétale. 

Je me suis toujours appliqué, dans mes écrits et mon enseignement, à 
démontrer que cette méthode introduit dans la science nn danger d’au-, 
tant plus imminent qu’il y a des cas, malheureusement exceptionnels, où 
elle a fourni d’excellonts résultats. Dans ces cas, la monstruosité observée. 




n’était, ou qu’une exagération de la véritable organisation des parties 
(UV), ou la persistance d’un état normalement transitoire des. organes, 
révélé par sa persistance même jusqu’à l’âge adulte (LUI), aussi bien qu’il 
aurait pu l’être par l’étude des développements. Mais j’ai essayé de mon¬ 
trer (L, LU, LVl) qu’il y a, d’autre part, des anomalies absolues, consti¬ 
tuées par un état des parties qui n’a existé normalement à aucun âge. 
J’ai souvent observé, avec ou après d’autres organogénistes, qu’un organe, 
ordinairement simple, peut se montrer anormalement double à l’état 
adulte, ou que réciproquement des parties naturellement séparées à l’âge 
adulte s’y font voir accidentellement réunies. Les tératologistes sont alors 
tentés, et ils l’ont fait souvent, d’admettre que la duplicité ou l’unité de ces 
parties constituent à un certain âge l'état normal, et que celui-ci ne dis¬ 
paraît que par suite du développement. De là l’hypotbèse d’un grand 
nombre de faits de dédoublements, de multiplications, de soudures, qui 
ont dominé l’organographie dans une moitié de ce siècle et qui n’existent 
souvent que dans notre imagination. Le même procédé qui conduit quel¬ 
quefois à la vérité, nous mène donc plus souvent encore à l’erreur, parce 
qu’il constitue un emploi de la méthode à priori, et que, par la seule mé¬ 
thode à posteriori, on peut savoir si l’anomalie observée explique ou 
n’explique pas l’état normal. Il y a donc des anomalies curieuses, inté¬ 
ressantes ; nous en avons décrit un assez grand nombre (XLIX — LVIl) ; 
il y en a même d’importantes, parce qu’elles expliquent l’état normal 
(LIV). Mais on ne connaît jamais d’avance Ipur valeur; et, comme on l’a 
dit, «la plupart d’entre elles ne prouvent rien, parce qu’elles peuvent 
prouver trop de choses contradictoires ». 

B. OaGANOGÉme végétale. —J’ai donc cherché à étendre au plus grand 
nombre de plantes possible les observations d’organogénie, suivant en cela 
ce conseil donné en 18à6 par M. Ad. Brongniart : « Malgré les difficultés 
que présentent les études organogéniques, on ne saurait trop engager les 
jeunes botanistes à poursuivre cette direction de recherches, parce que, 
appliquée successivement à des organes variés et à des plantes de familles 
diverses, elle jettera beaucoup de jour sur l’organisation végétale, et per¬ 
mettra d’apprécier l’exactitude des différentes théories sur la constitution 
des plantes et de quelques-uns de leurs organes. » 



L’organogénie, science tonte nouvelle et tonte française, dont M. de 
Mirbel fut le créateur et qu’ont si heureusement mise en oeuvre MM. Payer, 
Guillard, Duchartre, Schleiden, etc., devint donc, dès le début, l’in¬ 
strument principal de mes recherches sur l’organisation végétale. 

O Voir venir les choses, a dit Turpin, est le meilleur moyen de les expli- ' 
quer. » 

J’ose dire que j’ai été aussi amplement récompensé des efforts qu’exigent 
la dissection répétée d'organes aussi ténus et aussi délicats. L’explication 
d’un grand nombre de faits, incertains ou complètement inconnus, des 
affinités nouvelles découvertes, qui souvent avaient été à peine soupçon¬ 
nées, la signification morphologique des parties et leur symétrie établies 
sur les bases positives de l’observation directe, tels sont les résultats aux¬ 
quels doivent arriver, tôt ou tard, tous ceux qui voudront se livrer aux 
recherches organogéniques. Ainsi, c’est par l’étude des développements 
que j’ai pu défendre une des théories proposées pour expliquer l’organi¬ 
sation florale des Euphorbes (LVIII), me prononcer sur la nature contro¬ 
versée du périanthe, sur celle des disques des Euphorbiacées, les distin¬ 
guer de leurs staminodes, établir la naissance de leurs ovules sur l’axe 
floral, l’évolution des obturateurs et des caroncules, etc., la formation 
centripète de l’ovaire des Buxacées (XI), l’auatropie réelle des ovules des 
Philésiacées (III), la présence, dans la fleur dé YAsarum, d’oiganes qui 
tiennent la place des pétales (XV), la signification de la couronne des 
Narcissées, qui est de la nature des disques (IX), la constitution de l’an- 
drocée des Bryones (XL), la symétrie florale de plusieurs Polygalées 
(XIV), l’asépalie des Monotropa et la formation du pistil des Hypopüis, 
Pirola, CyriUa et autres Éricoïdées(XXXlI), la constitution des fruits des 
Morées et de leur inflorescence singulière (XXVI), le développement floral 
des Roxburghiées (IV), la symétrie florale des Marantées (VI), l’exis¬ 
tence primitive de cinq ovules dans les carpelles des Anémones, Ado- 
nides, etc. (XXV), l’évolution de la fl.eur de plusieurs Caprifoliacées 
(XXlI),des Sésamées (XXVIII), d’un grand nombre de Byttnériacées(XXI), 
des Renonculacées (LXXXVI), de YAcronychia Cuminghami (XXVIII), 
du Cmdalia. (XXXI), du Burasaia (XCI), de l’androcée, du gynécée, du 
fruit et des organes de végétation des Berbéridces (XVI), des Cordia 





(xxm), la périgynie des Apocynum (CIX) et des Pivoines (LXXXVlI), 
l'évoliitioç de la fleur des Pleurandra (XXrV), le nombre réel des ovules 
ôtes Beaufortia (XIX), la structure des Sohizandrées (XC), de quelques 
Bruùiacées (CI), le développement du gynécée des Martynia (XXX), l’o-' 
rigine de l’albumen et de l’arille des Hedychium (V), la placentation réelle 
des Mappiées (XCVIII), l’organisation du fruit de l’Arbre-à-paiu (XXVII), 
l’apparition première du Macis de la Muscade, entre le micropyle et le 
hile (X), les raisons qui militent contre la croyance à la gymnospermie 
des Conifères et contre la nature foliaire de leurs supports floraux (1,11), 
etc., etc. ; tous faits jusqu’ici discutés, inexpliqués ou même demeurés 
complètement inaperçus. 

C. Physiologie végétale. Une fois la valeur des organes établie, à l’aide 
de leurs rapports et par le mode de développement, j’ai toujours essayé 
de démontrer que leurs fonctions doivent être déterminées par la méthode 
expérimentale. Partant de l’idée, exprimée autrefois par Dutroohet en ces 
fermes : « Qu'il n’y a pas deux physiologies, l’une animale et l’autre 
végétale, mais que la science de la vie est une; » et voyant à quels ma¬ 
gnifiques résultats la vivisection avait conduit directement ceux de nos 
maîtres qui ont tant fait de nos jours pour les progrès de la physiologie 
animale, j’ai, dans les limites du possible, mis les plantes et leurs organes 
en expérience, pour arriver à en déterminer les fonctions. Mais j’ai en 
même temps recherché ce mode d’expérimentation si simple, dont les 
Haies, les Bonnet, les Duhamel, etc., nous ont recommandé l’usage, pour 
éviter les nombreuses causes d’erreur auxquels nous expose l’organisation 
complexe, par voie d’agrégation, de la plupart des végétaux phanéro¬ 
games. Quand il s’est agi, par exemple (XLVII), de déterminer si les. 
plantes absorbent ou non par leurs feuilles l’eau avec laquelle on les met 
en contact, j’ai simplement maintenu plongées dans le liquide des bran¬ 
ches feuillées d’arbres pleureurs, après avoir constaté directement que les 
autres causes de perte pouvaient être considérées comme nulles. Fallait-il 
se prononcer (VII) sur la nature des corps charnus qui se développent 
dans l’ovaire de certaines Monocotylédones et qui sont, tantôt des ovules 
et tantôt des bulbilles, j’ai pratiqué la castration dans le boulon encore 
jeune, cette opération devant empêcher le développement des graines et 




favoriser, au coutraire, celui de corps constitués comme des bourgeons. 
Certains organes des Jatrophées et des Crotonées, qu'on a considérés 
comme des poils ramifiés, sont, au contraire, des Organes foliaires réduits 
à leurs nervures, puisque des mutilations pratiquées avec précaution, en 
retranchant les organes voisins, font affluer dans les prétendus poils les 
sucs nourriciers et déterminent l’apparition du parenchyme qui man¬ 
quait entre leurs nervures (LYIII). Certains ovaires infères, comme ceux 
des Oiiagrariées, sont, dans leur portion superficielle, des rameaux con¬ 
caves, et même des rameaux portant feuilles, à l’aisselle desquelles on 
peut, par un simple bouturage, faire développer des bourgeons qui, sans 
cette opération, ne se seraient jamais laissé apercevoir (XXXIV). Dans les 
organes sécréteurs de la fleur de certaines Orchidées (XLVI), le rôle des 
vaisseaux spiraux peut être déterminé, et la présence d’un tissu spécial, 
situé à l’extrémité de ces organes, n’est pas indispensable à l’excrétion 
du liquide, puisque celle-ci continue par la surface transversale de section, 
après qu’on a amputé ce sommet formé d’un parenchyme tout à fait spé¬ 
cial au point de vue histologique. Dans certaines Phanérogames, ce n’est 
pas nécessairement le contact du pollen avec le tissu stigmatique, qui déter¬ 
mine la formation du tube pollinique, puisque ce tube se produit sur des 
grains de pollen maintenus dans la cavité même de l’anthère ou ils se sont 
développés (XUI). 11 peut y avoir, d'autre part, une force attractive de 
l’organe femelle pour la substance fécondante, puisque les masses poUi- 
niques de certaines plantes, présentées à une faible distance de l’antr 
stigmatique, sont, dans des circonstances données, attirées par ce dernier 
de ta même façon qu’une parcelle de fer est attirée par un barreau 
aimanté (XXXVl). Les étamines mobiles des fleurs présentent dans leurs 
propriétés quelque analogie, avec les organes moteurs des animaux, 
car les fleurs soumises à l’action du chloroforme perdent, non pour 
toujours, mais pour un temps variable, la faculté de se mouvoir.qui repa¬ 
raît après un séjour suffisant dans l’air pmr (XXXVI).La parthénogenèse, 
c’est-à-dire la fécondité sans fécondation, n’est pas encore admissible dans 
les plantes; elle n’est ordinairement qu’apparente et ne sera démontrée 
que quand on aura pu prouver directement qu’un fruit fertile n'a jamais 
subi l’influence du pollen. J’ai produit à volonté des parthénogenèses 



apparentes (XLl) et j'ai combattu de toutes mes forces (XL) cette théo¬ 
rie qui ne me paraît pas sans danger. 

Je crois avoir encore été le premier à démontrer que, dans certaines Zin- 
gibéracées, comme les Hedyckium (V), le sac embryonnaire, pour fournir 
à la nourriture de la jeune plante qu’il contient, produit par sa surface 
interne de nombreux poils qui se gorgent de sucs, à peu près comme 
ceux qu’on observe à l’intérieur des Oranges (LXXXV), et qui marchent de 
la périphérie du sac jusqu’à l’embryon situé vers son centre, pour porter 
à ce dernier l’aliment qu’ils ont reçu des portions plus extérieures de la 
graine ; que dans plusieurs Loranthacées, comme les Exoearpus, la masse 
de l’ovule laisse échapper de son sein, au moment de la fécondation, un 
assez grand nombre de tubes déliés qui sont en réalité les sacs embryon¬ 
naires, et qui s’en vont, dans la cavité dont le style est creusé, à la ren¬ 
contre de l’organe mâle qui doit les féconder et qui n’arriverait sans doute 
pas jusqu’à eux, s’ils demeuraient enfouis dans la substance du nucelle 
(CXl); que les fruits à déhiscence élastique des Euphorbiacées et autres, ne 
s’ouvrent avec fracas, pour lancer leurs graines, que par suite de la perte 
d’une certaine quantité d’eau, puisqu’on peut, dans ces fruits parfaitement 
mûrs, prévenir ‘à jamais la déhiscence, en les maintenant constamment 
plongés dans le liquide. Ces faits dignes d’intérêt et trop peu nombreux 
encore, se multiplieront, sans doute, alors que les moyens matériels d’ex¬ 
périmentation directe seront davantage mis à la disposition des bota- 

D. Botanique descriptive et taxonomique. — Le professeur Payer m’a 
confié le soin de continuer la publication de son ouvrage classique intitulé: 
Leçms sur les Eamilles naturelles des plantes. Je n'ai,cessé de m’occuper 
d’accomplir cette tâche ; l’ouvrage, malheureusement laissé par son auteur 
à la cinquième livraison, compte aujourd’hui dix livraisons publiées; la 
onzième livraison est imprimée, et le livre touche presque à sa fin. Je n’ai 
pu, dans la rédaction de cet ouvrage, suivre le mode de classification auquel 
m’ont conduit mes rechei'ches personnelles, obligé que j’étais de me sou¬ 
mettre à l’ordre systématique adopté au début par l’auteur et basé avant 
toute chose sur la constitution des organes femelles. Mais, dans les travaux 
préparatoires que j’ai publiés sur un grand nombre de familles et de genres 



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divers, j’ai déjà montré, comment, à l’aide de la synthèse, j’allais graduelle¬ 
ment réduire le nombre do groupes végétaux admis jusqu’à présent, et 
supprimer une grande quantité de petites familles secondaires, en les ratta¬ 
chant à quelques centres principaux d’où je ferais ensuite dériver les termes 
de moindre importance. J’ai cru pouvoir dire (CX) que : a la science se 
perdrait dans l’analyse, si la synthèse n’y intervenait à temps. Un mor¬ 
cellement inhni, redouté par quelques bons esprits, loin d’être à craindre, 
deviendra utile, à une condition, c’est qu’il n’aura été que passager, et que 
nous réunirons en un faisceau ce qui aura été momentanément disjoint, 
désagrégé, pour être mieux étudié et de plus près. » J’espère arriver de la 
sorte à une plus grande simplification dans le groupement de celte masse 
énorme de formes si variées, qui constitue le Règne végétal; et, sans ad¬ 
mettre comme absolue la subordination des caractères, qui ne supporte 
pas un examen approfondi,' arriver à'réunir, comme les zoologistes l'ont 
fait depuis Cuvier, tous les êtres organisés dont je m’occupe autour d’un 
petit nombre de types centraux. 

Je puis montrer comment j’ai déjà tenté de faire passer ces idées de la 
théorie dans la pratique, dans tous les mémoires que j’ai publiés sur dif¬ 
férentes familles végétales. De à25 genres', plus ou moins bons, proposés 
aux différentes époques, dans la grande famille des Euphorbiacées (I.VIII) 
j’ai ramené ce nombre à 200 environ, quoique j’aie découvert un certain 
nombre de types essentiellement nouveaux. Au seul genre Mercuriale 
(LXXni) j’ai réuni les genres ou sous-genres Adenocline, Erythrocoçca, Ui- 
crococca, Claoxylm, etc., que j’avais moi-même d’abord conservé comme 
distincts. A la suite de l’étude que j’ai faite de la symétrie floraledes Maran- 
tées (VI), j’arrive à ne plus former qu’une seule famille de ces plantes, 
des Cannées, des Zingibéracées, de toutes les Amomées et Scitaminées 
des auteurs. Après avoir déterminé la structure du gynécée des Loran- 
thacées (CX), j’ai montré, qu’à part de légères différences dans la forme 
du réceptacle floral, le développement de la masse placentaire et le 
nombre des ovules, on pouvait faire rentrer dans cette famille les huit 
groupes plus ou moins importants désignés sous les noms de Sanlalacées, 
Olacinées, Liriosmées, Opiliées, Myzodendrées, Anthobolées, Opiliées et 
Ximéniées. A propos de mes recherches sur les Euphorbiacées, j’ai pro- 




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posé de supprimer les deux familles des Antidesmées (LIX) et des Scépur 
cées (LX). J’ai insisté sur l’adjonction déjà proposée à celte famille des 
Callitrichées (Xll), et j’ai rallié aux Célastrinées les Buxacées et les Stylo- 
céréesjLXXXIV). L’étude du développement de la fleur et du fruit des 
Cordiaoées (XXIII) m’a conduit à leur adjoindre définitivement les Bor- 
raginées et les Ehretiées; et j’ai rassemblé en un vaste groupe, sous le 
nom commun de Saxifragées (CXIII), les Cunoniacées, Brexiacées, Pitto- 
sporées, Argophyllées, Escalloniées, Diilongiées, Hamamelidées, Styraci- 
fluées, Bruniacées, Grossulariées, Philadelphées, etc. La plupart de ces 
adjonctions ont été confirmées récemment par MM. Bentham et Hooker, 
dans leur nouveau Généra plantarum. 

J’ai encore à signaler, comme travaux plus particuliers de botanique 
descriptive et taxonomique, des recherches sur les Phyllantkus (LXXV, 
LXXVI), les XantMum (XIII), les Sorocea (XCVII), VAntholoma (Clll), les 
Humiriacées (CV), les Berbéridées (XVI), le Burasaia (XCl), les Rhizo- 
phorées (CIV), le Barbeuia (XCIV), les Mappiées (XCVIll), les Xytopia 
(XCll), le Dissolena (CVIII), VAumba et les genres analogues (CVII),etc.; 
et enfin mes travaux sur la Famille des Renonculacées (LXXXVl- 
LXXXIX), qui forment une première portion de VHistoire des plantes 
dont il a été question ci-dessus (CXVII). ' 

Qu’il me soit enfin permis de rappeler que j’ai fondé et dirigé depuis 
cinq ans et demi un Recueil périodique d’observations botaniques (CXIX) ; 
que j’ai fait planter d’après un nouveau classement (CXV) le Jardin bota¬ 
nique de la Faculté de médecine, et que la nature de mon enseignement, 
dans cette école, m’a fait désigner pour rédiger, dans le Dictionnaire en¬ 
cyclopédique des sciences médicales, la partie relative à la botanique 
(CXVIR), qui comprend déjà la description d’un très-grand nombre de 
plantes Phanérogames et Cryptogames. 



OBCiAllOCiiNIE!, 

AMj&TOIIIE;, PUYiSIOliOCtlE: 
BX XÉRAXOIiOBIE! VÉGJËXAIiES. 


Reuuisruhes okganogéniqdes sdr la fleur femelle des Conifères. 
(flomftes rendus de tAcadémie des sciences, 1860, p. 146. — Adanscniti, 1.1, pl. 1 et 2.) 

RAPPORT SUR CE MÉMOIRE. 

(Comptes rendus du 9 juUlet 1860,) 

« Au commencement de ce siècle, a dit M. Payer dans son rapport sur 
ce Mémoire, trois botanistes des plus éminents, tous membres de l’Académie 
des sciences, B. Mirbel, L. C. Richard et R. Brown, se sont occupés de là 
famille des Conifères, et eurent chacun leur manière de voir sur la fleur de 

» Dans ses Éléments de botanique, publiés en 1815, et plus tard, dans ses 
divers mémoires, B. Mirbel considère les cènes des Cyprès et ceux des Pins 
comme très-différents par les organes qui les constituent, bien qu’ils se 
ressemblent beaucoup par la forme générale. Dans les Cyprès, les bractées 
prennent un grand accroissement, s’élargissent en tête de clou, se durcis¬ 
sent, se serrent par leurs bords et forment les écailles du cône; c'est à leur 
aisselle qu’apparaissent les fleurs sur des pédoncules extrêmement courts. 
Dans les Pins, au contraire, les bractées se développent peu, tandis que les 
pédoncules qui portent les fleurs grandissent beaucoup, s’aplatissent, de» 
viennent durs, et constituent les écailles du cône. Par conséquent les écailles 
du cône sont des bractées dans les Cyprès, des pédoncules aplatis dans les 

» Quant aux fleurs, qu’elles soient insérées sur des pédoncules très.courts 



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comme dans les Cyprès, ou sur des pédoncules très-développés et aplatis, 
comme dans les Pins, leur structure est toujours la même : c’est un petit 
sac en forme de bouteille, le pistil, au fond duquel se trouve un mamelon 
celluleux. Vomie réduit à son nueelle, 

» Sous l’empire de préoccupations nées de ses études antérieures, L. C. 
Richard, qui avait analysé avec beaucoup de soins les fruits et les graines 
d’un grand nombre de plantes et avait cherché ii y reconnaître les diverses 
parties de l’ovaire et de l’ovule, regarde le sac de la fleur des Conifères 
comme un calice, et le mamelon celluleux comme un pistil auquel l’ovule 
est intimement soudé. Quant aux écailles des cônes de Cyprès et de Pins, 
elles sont pour lui toutes de môme nature ; ce sont partout des bractées. 

» Enfin, pour R. Rrown (Annales des sciences naturelles, i ” série, t. Vlll), 
les écailles des cônes de Cyprès, comme celles des cônes de Pins, ne sont 
ni des bractées, ni des pédoncules aplatis ; ce sont des feuilles carpellaires, 
c’est-à-dire des pistils ouverts et étalés, et ces sacs en forme de bouteille, au 
fond de chacun desquels on aperçoit un mamelon celluleux, ce sont des 
ovules dont le sac est la primine, et le mamelon celluleux le,nueelle. 

» En présence de ces trois opinions si contradictoires, et qui n’étaient 
appuyées que sur des considérations théoriques, les botanistes se sont par¬ 
tagés. A l’étranger, c’est en général la manière de voir de R. Brown qui fut 
adoptée. En France, tandis qu’Achille Richard professait à l’École de méde¬ 
cine de Paris la doctrine de son père, M. Ad. Brongniart enseignait au 
Muséum d’histoire naturelle celte deR. Brown, et votre rapporteur celle de 
B. Mirbel à la Faculté des sciences. 

» Les recherches organogéniques auquelles M. Bâillon s’est livré vien¬ 
nent de résoudre cette question si controversée de la nature des divers or¬ 
ganes de la fleur des Conifères, et permettent S apprécier, selon l’expression 
si juste de notre confrère, M. Ad. Brongniart, Vexactitude des différentes 
théories sur la constitution des plantes, en démontrant que l’opinion émise 
par B. Mirbel est la seule vraie. » 

Voici d’ailleurs les conclusions du rapport de M. Payer : 

« En résumé, par l’heureuse direction de ses recherches, par la persis¬ 
tance qu’il a mise à les poursuivre, aussi bien que par l’importance des 
résultats obtenus, nous croyons que M. Bâillon mérite l’approbation de 





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l’Académie, et nous vous proposerions l’insertion de son travail dans le 
Hecueil des savants étrangers, si nous ne savions que l’auteur a l’intention 
d’en faire l’objet d’une publication spéciale. » 

II. 

Nouvelles kechehches sur la fleur femelle des Conifères. 



Les opinions énoncées dans le travail précédent ont trouvé des parti¬ 
sans et surtout des contradicteurs. Elles ont été surtout combattues avec 
une grande vivacité par M. Caspary aux objections duquel le travail actuel 
a principalement pour but de répondre. Il est destiné encore à combattre 
deux doctrines ; la gymnospermie des Conifères, et la nature appendicalaire 
ou foliaire de leur placentation. Les fleurs femelles de Mélèze se déve¬ 
loppent à peu peu près comme celles des Pins, sinon que les différents 
temps de leur évolution sont moins nettement dessinés. Dans le Gené¬ 
vrier commun, les deux feuilles carpellaires sont courtes, mais bien 
distinctes; elles sont constamment, l’une antérieure, l’autre postérieure. 
Dans le Cupressus Goveniana, le réceptacle floral se déforme d’abord de 
manière à indiquer qu’il va produire deux feuilles carpellaires opposées. 
En comparant aux organes femelles des Conifères des téguments ovulaires 
tels que ceux des Trémandrées et des Polygalées, et des ovaires tels que 
ceux des Graminées, on a confondu l’apparition première avec les défor¬ 
mations produites ultérieurement par les progrès de l’âge. Les PhjUocladus 
ont des rameaux aplatis et florifères comparables à ceux des Xylophylla, 
et non des feuilles qui portent les fleurs femelles. L’examen du Welwit- 
schia ne peut guère servir â trancher la question dans un sens ou dans 
l’autre. Lès Loranthaoées, surtout les Anthobolées, sont très-étroitement 
alliées aux Conifères et la structure des unes rend compte de celles des 
autres. Les théories nouvelles de la gymnospermie sont défendues à l’aide 
de faits tératologiques qui n’expliquent rien, parce qu’ils expliquent 
également tout; ta gymnospermie des Conifères doit mener à celle des 
Loranthacées et ii celle de toutes les platftes à ovule basilaire orthotrope, 
sanstégmhents. ’ ’ 





IDESPUILÉSUCÉES. 


Études sue la steuctureet le développement de la fleur 

{Aâmsoniat 1, M.) 

Ces études ont amené l’auteur aux conclusions suivantes : 

1" Que l’organisation des deux genres Lapageria et Philesia est bien 
moins différente que ne le supposent les botanistes ; 

2” Que les étamines du Lapageria ne sont pas entièrement libres, mais 
bien unies dans leur portion inférieure, et qu’elles n’offrent, sous ce rap¬ 
port, avec les Philesia, qu’une différence du plus au moins ; 

S“ Que les trois pièces du périanthe intérieur apparaissent simultané¬ 
ment, et qu’on peut le regarder comme une corolle ; 

h” Que l’insertion des sépales, horizontale d’abord, prend ensuite la 
forme d'un fer à cheval, et que telle est l’origine des fossettes nectarifères 
qu'on observe à la base de la fleur ; 

5” Que les ovules du Lapageria ne sont pas plus orthotropes que ceux 
du Philesia, et que leur base est de bonne heure enveloppée par un arille 
dont l’existence parait avoir été ignorée jusiju’à ce jour. 


Organogénie florale des Roxbdrguia. 

{Adansoniat I, 2Ù5.) 

Rapprochés par beaucoup d’auteurs des Philésiacées, les Roxburghiées 
mentaient d ctre étudiées au point de vue organogénique. Les observa¬ 
tions faites, dans ce sens, ont montré qu’il n’y avait, entre les deux types, 
que des ressemblances très-éloignées, des apparences très-superficielles 
d’analogie, dans le port, la configuration des organes de la végétation, 
l’habitude sarmenleuse des plantes. L’infloresence des Roxburghia est ■ 
une cyme upipare ; leur périanthe est formé de deux verticilles dimères; 
leur androcée n’est représenté, 40 contraire, que par un verticille tétra- 
mère, et les organes qu’on trouve entre le périanthe et les étamines, ne 



— IB — 

sont qu’une dépendance du connectif hypertrophié, quelque chose d’ana¬ 
logue à ce qu’on observe dans les Violariées, les Chloranthacées, etc. 
L’ovule est formé de deux carpelles, d’après Endlicher, et d’un seul, sui¬ 
vant Griffith. L’organogénie démontre que cette dernière opinion est 
seule admissible. La placenta est basilaire et l'évolution des ovules se fait 
dans l’ordre centrifuge. Tout démontre, dans les Roxburghiées, des affi¬ 
nités incontestables avec les Aroïdées. 


V. 

Note sur l’albumen et l’arille des Hedïcuium. 



Dans la graine AesHedycUum, notamment dans celle de VH. Gardne- 
riamm, on trouve autour de l’embryon une masse charnue destinée à 
nourrir la jeune plante pendant la germination. Ce rôle est ordinairement 
dévolu à l’albumen, lorsqu’il existe. En étudiant, de près cette masse 
charnue, on voit qu’elle est formée de poils qui, nés de la surface interne 
du sac embryonnaire, se portent en grandissant vers l’embryon, puis se 
gorgent de matières nutritives, se gonflent et arrivent à se touober entre 
eux ; à peu près de la même manière que des poils gorgés de sucs, nés 
de la paroi interne du péricarpe des Oranges, marchent peu à peu à la 
rencontrent des graines et finissent par former autour d’elles la sub¬ 
stance charnue qui est comestible dans ces fruits. Il y a, dans le 
liquide des poils de l’albumen des HeiycUum, une grande quantité de 
corpuscules amylacées. 

Une autre production de poils à développement très-rapide et h. cavité 
gorgée de sucs, a lieu en même temps à l’intérieur de la graine. Ce sont 
ces cellules étirées qui constituent graduellement l’arille rouge en forane 
de chevelure qui occupe la base des graines. Seulement, les cellules 
qui forment cet arille, ne s'étirent pas isolément; elles demeurent 
unies en faisceaux par leur paroi latérale et rappellent par là les poils de 
certains Bégonia. 



— 16 


VI. 

Mémoire sor l\ symétrie et i’Organogénie florale des Marantées. 

(Comptes rendus du 4 mms 1861. ~ L'Institut, n. 1418. — Àdansonia, I, 307, t. XL) 

« L’auteur y étudie la structure de la fleur des Marantées, en se fondant 
principalement sur l’étude organogénique. Il commence par rapporter les 
diverses opinions soutenues, sur la constitution de ces fleurs, par 
MM. Koernicke, Lindley, Th. Lestiboudois, de Borre, A. Gris et Paria- 
tore. D’après lui, les botanistes françai.s semblent, en général, s’accorder 
à admettre que les fleiirs des Marantées représentent un type diplostémone 
irrégularisé, tel que celui des Amaryllidées, avec un androcée hexandre 
sujet à de nombreux avortements. Cependant cette opinion peut être 
ébranlée par quelques faits : le défaut d’exactitude dans la superposition 
des staminodes aux sépales ou aux pétales, le mode suivant lequel ils se 
rencontrent dans la fleur, la bifurcation d’un de ces organes dans les Ca- 
laihea, etc. C’est en présence de ces objections présentées par la nature 
contre les théories actuellement répandues dans la science, que M. Bâillon 
s’est décidé, pour éclaircir la question, à suivre le développement des Ma¬ 
rantées. Le Thalia dealbata lui a offert un calice à trois sépales, dont deux 
postérieurs, et une corolle ou calice interne à trois divisions qui appa¬ 
raissent, comme les sépales, successivement sur le pourtour du réceptacle 
élevé régulièrement en anneau continu ; l’androcée est composé de trois 
étamines superposées aux pétales, dont deux se dédoublent de bonne 
heure, la postérieure portant d’un côté une loge pollinifère, et de l’autre 
un appendice pétaloïde. Il en résulte cinq organes, que l’on a à tort rap¬ 
portés à un verticille de six parties, dont une aurait avorté. Quant au 
gynécée, il est représenté par trois feuilles carpellaires superposées aux 
sépales extérieurs, et d’abord supères. Plus tard le réceptacle se creuse à 
la base de chacune d’elles, ce qui tend à produire trois loges, dont une 
seule devient fertile, et ne renferme qu’un ovule dirigeant son micropyle 
en dehors et en bas dans ses mouvements anatropiques. Cet ovule est muni 
d'une expansion arilliforme développée aux dépens de la primine qui se 
gonfle sur deux côtés opposés, à peu près à égale distance du hile et du 




— 17 — 

micropyle, el un peu au-dessus du point d’insertion de l’ovule. D’après 
M. Bâillon, le développement de la fleur est à peu de chose près le même 
dans tous les genres de la famille qu’il a étudiée. 

» A la fin de son travail, l’auleur recherche les rapports des Marantées. 
D’une part, elles s’éloignent, suivant lui, des Orchidées et des Musacées, 
qui ont réellement deux verticilles d’étamines; d’autre part, elles se relient 
évidemment aux Cannées, comme chacun le sait, ainsi qu’aux Zingibéra- 
cées, parce que dans ces deux familles l’androcée est isostémone et a. ses 
éléments superposés à ceux de la corolle. Enfin les Marantées doivent être 
regardées comme l’état irrégulier d’un prototype d’une structure analogue 
à celle des vraies Hémodoracées, et peut-être aussi à celle des Burmania- 

» Le mémoire de M. Bâillon est accompagné d’une planche représen¬ 
tant le développement du Thalia dealbata.» (Rev. bibtiog. Soc.bot., 
Vlll,383) (1). 

VIL 

Organogénie des graines charnues de l’Hymenocaluis speciosa. 

{Bulletin de la Société botanique de France^ t. IV, p. 1020.) 

R. Brown n’a pas tout dit sur ces graines singulières des Amaryllidées 
qui simulent des bulbilles. L’auteur en a suivi le développement et a fait 
voir qu’elles se présentaient d’abord sous forme d’ovules anatropes com¬ 
posés d’un nucelle et de deux enveloppes. Il a d’ailleurs démontré expéri¬ 
mentalement la nature de ces corps d’une manière très-simple, par la 
castration. S’il s’agissait de bulbilles, l’enlèvement des étamines ne pour¬ 
rait nuire à leur développement; celui-ci pourrait même en être favorisé' 
Mais comme il s’agit de graines, il faut qu’elles soient fécondées pour pro¬ 
duire un embryon, et lorsqu’on supprime les organes mâles, on voit que 
les ovules se flétrissent et que le fruit ne noue point. 

compic rendu auquel les rpglements de la SoeiéKS Imposent une tmparllalltd absolue. 






— 18 - 


VllI. 

Note sur l’Hordeüm trifurCAtum. 

(Ruiietm de la SoeiM botanique de France, 1.1, p. 187.) 

Les conclusions de ce travail sont les suivantes : 

!• Les divisions que subit la feuille, représentée par la bractée uniner* 
viée, peuvent servir à expliquer celles de la feuille carpellaire elle-même. 

2" L’écaille binerve de la glumelle, que l’étude organogénique montre 
formée par la soudure de deux portions primitivement distinctes (Payer), 
peut conserver l’entière indépendance de ces deux portions, parfaitement 
développées. 

8' La bractée ünitierviée peut, qu’il y ait ou non accolemeni d’uh ra¬ 
meau florifère, porter, en apparence du moins, d’autres fleurs que celles 
qui se développent à son aisselle. 

La bractée uninerve prend part à la formation de la glumelle de ces 
fleurs, dont elle constitue alternativement la portien externe ou inférieure 
et la portion interne ou supérieure. 

IX. 

. Mémoire sur le développement des fleurs a couronne.' 

(Admsmia, I, 90.) 

Les botanistes ont beaucoup discuté sur la signification morphologique 
de la couronne, et M, 6ay a rappelé toutes les opinions différentes émises ii 
ce sujet. Lui-même regarde la couronne des Narcisses comme formée par 
des stipules intraires situées à la base du périgone. Pour A.de 8aint*Hilaire 
et M. Germain de Saint-Pierre, elle se compose de deux Verticilles trimères 
d’appendices alternant avec les sépales. Pour M. Lindley, ce sont des éta¬ 
mines surnuméraires transformées. Pour Link, o’est un appendice de la 
corolle. Pour M. Gagnai, l’organe est un dédoublement des deux vérticillos 
du périanthe. Pour'M. Bravais, enfin, c’est une nectaire corollin. Avant 
de faire un choix entre toutes ces interprétations, il fallait étudier le déve¬ 
loppement des fleurs pourvues d’une couronne. 



Dans le Pelîosanthes 6ù la couronne eal courte, on voit qu’elle forme un 
anneau saillant entre le périanthe et les étamines, et que oelui--ci ne com¬ 
mence' à sa manifester qu'après la production des carpelles. L’auteur est 
amené par là à assimiler cet anneau an disque des Hippocratéaoées, 

Dans les Narcisses, la couronne n'affecte dans son jeune âge aucun rap¬ 
port avec l’androcée dont elle est très-éloignée, Dans le N, hiflorua, on 
constate d’abord que les divisions de la couronne ne répondent pas forcé¬ 
ment à telle ou telle portion déterminée du périanthe ■, puis, en observant 
la fleur très-jeune, on voit, bien après l’apparition des feuilles carpellaires, 
une légère ride ou saillie horizontale se produire sur le réeeptacle commun 
de la fleur, En général, ce h’est pas un anneau continu. Plus ordinairement 
il sera marqué bien davantage sur les côtes des sépales intérieurs OU pétales, 
à droite et à gaucbe. Dans le N.Gomni, on voit naître en juillet une petite 
guirlande de saillies qui représente la collerette. C’est souvent une paire de 
petits mamelons répondant fibaeun à une moitié de pétale et indépendants, 
puis qui, en se soulevant davantage, se trouvent reliés par une,petite por¬ 
tion intermédiaire. 

L’auteur établit alors que le tube qui s’étend entre le périanthe et les 
étamines est de nature récaptaculaire, Or, une production tardive de cet 
axe, un renflement du réceptacle qui apparaît après que le gynécée lui- 
, même s’est constitué, cela se présente dans un très-grand nombre de fleurs, 
et cela s’appelle un disque. 

L’étude organogénique démontre que, dans lesPanemlmw, l’apparition 
de la couronne est également consécutive à celle des antres organes flo¬ 
raux, mais qno l’organe se soulève un peu plus en dedans de l’axe floral 
et dans l’intervalle même des filets staroinanx, 

Dans ce travail il est démontré accessoirement, par l’étude organogénique, 
que les inflorescences des Narcisses et des Pancraces, que l’on regarde 
comme des ombelles, ne sont autre cbose que des réunions de cymes 
unipares, comme l’autenr l’a observé d’ailleurs dans beaucoup de plantes 
roonocotylédones. 

L’étude des monstruosités a été invoquée ici, comme dans beaucoup 
d’autrps circonstances, pour expliquer la nature des différentes parties de 
la fleur. C’est un procédé assez infidèle, .comme le démontre l’examen 



— 20 — 

direct du développement de plusieurs plantes qu’on sait d’avance devoir 
produire des fleurs doubles. Les Narcisses sont précisément dans ce cas. 
Or, tandis qu’un bulbe de Narcisse porte des fleurs qui ont beauc'oup de 
pétales, un autre en produira dont les fleurs contiendront beaucoup d’éla- 
mines. Quant à la couronne elle-même, elle existe chez les Narcisses 
doubles et elle se développe à la façon d’un disque, c’est-à-dire tardive¬ 
ment. Mais c’est toujours un gonflement du réceptacle, et, comme ces 
saillies se produisent dans l’intervalle d’appendices déjà existants, elles se 
moulent et s’aplatissent pour ainsi dire entre elles, de manière à affecter 
une forme pétaloïde. 

La collerette est donc de nature axile, soit dans les fleurs doubles, soit 
dans les fleurs simples. 

X. 

Sur la fleur femelle du Muscadier. 

, (Adansonia, V, 176.) 

Le gynécée du Muscadier est-il formé^^’un seul ou plusieurs carpelles? 
L’organogénie montre que la première alternative est la seule vraie. 

L’ovule anatrope du Muscadier, pourvu de deux enveloppes, est sem¬ 
blable à la plupart des ovules jusqu’à une époque voisine de l’épa- ' 
nouissement. 

La question importante à_ décider est alors celle-ci : Le Macis est-ij 
primitivement une production du micropyle ou du bile, un arille faux ou 
vrai? L’organogénie répond à cette question si débattue par les botanistes 
que « le début de cet organe consiste en un léger épaississement qui se pro¬ 
duit à droite et à gauche de la base de l’ovule, entre le hile et le micro¬ 
pyle, à peu près comme nous l’avons décrit dans certaines Marantées 
[Aiamonia, I, 325). Cet épaississement, qui est dû à une hypertrophie 
cellulaire, gagne ènsuite horizontalement le pourtour du hile, puis remonte 
graduellement à droite et à gauche vers l’exostome. Mais il faut bien noter 
qu’au moment où la fleur va s’épanouir, le gonflement arillaire, assez 
prononcé tout autour du hile, pour former à ce niveau une petite man. 
chette circulaire très-saillante, est beaucoup moins proéminent autour de 



- 21 - 


l’exostome, surtout en haut de ce dernier. » Les poils que portent l’ovaire 
et le fruit du Muscadier, sont de ceux qu’on appelle malpigUacées. 

XI. 

Sua LA VÉRITABLE ORGANISATION DU BulS. 

{Bulletin de la Société botanique de France, I. III, p. 285.) 

Le Buis a été confondu par tous les anciens botanistes avec les Euphor- 
biacées. Il est permis de dire aujourd’hui qu’on n’avait jamais fait un examen 
approfondi de ses fleurs femelles, de ses fruits et de ses graines. Cette 
recherche eût suffi pour démontrer qu’il n’y avait entre les Euphorbiacées 
et le Buis qu’une apparence d’analogie fondée sur des caractères superficiels 
et dépourvus de valeur. 

En suivant le développement du pistil, on voit que ses placentas sont 
d’abord pariétaux et alternent avec les feuillescarpellaires. Alors même que 
l'ovaire s’est fermé, les sommets des trois placentas font saillie à sa partie 
supérieure dans l’intervalle des styles ; c’est de là que vient la forme spéciale 
du fruit qu’on a dit torukux. 

Les ovules sont au nombre de deux sur chaque placenta ; mais, dans leur 
mouvement anatropique, ils dirigent leur micropyle en dedans et en haut, et 
non en dehors, comme cela arrive chez les vraies Euphorbiacées. 

Les graines n’ont pas de caroncule, mais bien un véritable arille né de 
l’ombilic. Le fruit est capsulaire, mais ses panneaux ne se forment pas de 
la même manière que ceux des Euphorbiacées. De plus, les styles sont 
périphériques, au lieu d’occuper le centre du fruit. 

Les Buis doivent donc être forcément séparés des Euphorbiacées, et, à 
cêtéd’eux, doivent se placer les .Sarcococca, lesParAÿsandroetlesï’riœra, 
pour constituer un groupe bien distinct. 

XII. 

Recherches sur l’Organogénié du Callitriche et sur ses rapports naturels. 

Endlicher avait déjà proposé de considérer les Callitriche comme une 
forme aquatique d’Euphorbiacées. L’auteur est allé plus loin et a complète- 



ment supprimé le famille des Callitrichinées. Il a été amené ii ce résultat par 
l’étude organogénique, qui lui a démontré que l’ovaire n’a ici que deuï 
feuilles carpellaires dans le jeune âge, et qu’il y a production tardive de 
fausses cloisons, par suite d’une sorte de dépression de la nervure dorsale 
des deux carpelles, Cette fausse eloispn s’insinue entre les deux ovules col¬ 
latéraux d’unç même loge, atteint l’aae même de l’ovaire et ne tarde pas à 
s’y s’unir. Le fait est donc le même que dans les Lins et les Stylocérées. 

D’ailleurs l’étude du développement dos ovules prouve qu’ils se compor¬ 
tent exactement comme tous ceux des Euphorbiacées à loges biovuléos, qiie 
leur direction est la même, et que leur exostome s’épaissit aussi de raa^ 
nière à constituer une véritable caroncule. 

xn r. 

Oroanos&iie rioPAM Piss Xanthtom, 

{Aimsmia, l, liJ.) 

Les fleurs femelles du Xanthium sont renfermées, au nombre de deux, 
dans un sac particulier qu’on a considéré comme un organe de nature 
axile. L’organogénie démontre que ce sac est formé de deux feuilles 
opposées qui deviennent connées et s’élèvent ensemble. Plus tard, ce sac 
se recouvre de saillies épineuses qui ont été considérées comme les ana¬ 
logues des bractées de l’involucre des Synanthérées.* Ce sont simplement 
des saillies bractéiformes d’une feuille, c’est-à-dire des espèces d’aiguil¬ 
lons. Les fleurs mâles sont d’une grande simplicité dans les Xanthium; 
il est ici démontré qu’il n’y a rien, dans ces fleurs, à aucun âge, qui repré¬ 
sente un véritable calice. 

xrv. 

Observations organogéniques pour srrvir a l’histoire des Polygalées. 

{AMmottia, I, 174.) 

On n’avait étudié au point de vue organogénique que les Polygala 
eux-mêmes.' Iæ Monnina erotaiarioicki a pu être soumis aux mêmes 
repberçbesi ce genre est très-remarquablè par la façon dont son ovaire. 



primitivement bilooulaire, perd peu à peu une de ses loges qui avorte, 
tandis que l’autre poursuit tous ses développements. Le Murallia 
Heisteria, qui fleurit aussi dans nos serres, est curieux à un autre égard. 
Sa fleur est heptandre. Elle produit un premier vertioille de quatre éta¬ 
mines superposées aux quatre sépales antérieurs, puis un seeond vertioille 
qui n’est formé que de trois étamines, dont une antérieure. Le tube de 
l’androcée présente donc, en arrière, une large fente par laquelle on 
aperçoit jusqu'à la base de l’ovaire. De là cette conclusion « qu’il serait 
dangereux de préjuger le développement de l’androcée de ce genre, 
d’après celui de toute autre plante de la même fUmille. » De plus, dans 
les Mmaltia, l’apparition des quatre cornes, qui surmontent l’ovaire, est 
très-tardive ; ce sont des organes purement accessoires. 

Les graines des Polygalées ont un albumen très-abondant ou presque 
nul ! quelques-unes en sont totalement dépourvues. Ce caractère n’a donc 
pas ici une grande importance. 

XV. , ' 

Rbmahqoës sua L’AunaocÉB des Asabuh, et sua des ArpENnicEs qui TtantEW 

LA PLACE DES PÉTALES DANS L’\. EUaOPÆUB; 

(Adansoiito, 1, Es.) 

Lorsqu’on ouvre un bouton adulte A’Asmun eurofumm, on- peut aper¬ 
cevoir sur le réceptale floral, dans l’intervalle des divisions du calice et à 
peu près à une distance égale de la base de célui-ci et du pied des éta¬ 
mines,' trois petites languettes qui sont alternes avec les sépales. Ces orga¬ 
nes, dont il n’est fait mention ni dans les flores ni dans les traités classi¬ 
ques, représentent-ils une corolle rudimentaire? Quelle est leur origine? 
Existent-ils dans les autres espèees du même genre ? L’organogénie senle 
pouvait donner la solution de ces questions. 

Dans YAsarum canadense, les trois sépales apparaissent successivement 
dans le même ordre que pour l'espèceeuropéeüne, aprèsquoi lê réceptacle 
prend Informe d’une fosse arrondie, entourée d’un petit rebord saillant un 
peu triangulaire, Les six premières étamines naissent alors simultanément 



- 24 - 

suï la saillie de ce rebord ; elles se montrent par paires en face de chaque 
sépale et à égale distance de sa ligne médiane. 

En second lieu, six autres étamines, trois alternes avec les sépales, puis 
trois qui leur sont superposées, s’élèvent de la faee externe du bord saillant 
du réceptacle; elles se trouvent donc alternes avec les six précédentes et 
plus extérieures qu’elles. Après elles, se montrent les six mamelons sty- 
laires, qui leur sont superposés. 

Dans YAsarum europamm, trois gros mamelons arrondis se montrent 
simultanément dans l’intervalle des sépales (ce qui n’existe pas dans Y A. ca- 
nadense). Ils se trouvent reliés par les trois côtés du rebord triangulaire que 
forme la périphérie du réceptacle, et ils occupent les sommets de ce trian¬ 
gle. Après eux, apparaissent les trois paires d’étamines superposées aux 
sépales, comme dans Y A. eamdmse. En troisième lieu, trois mamelons 
staminaux s’élèvent entre chaque sépale et la paire d'étamines qui lui est 
superposée. En quatrième lieu, on voit poindre en dedans de chaque pétale 
une petite étamine qui se trouve bientôt comprimée entre le pétale et la . 
feuille carpellaire superposée ; cette étamine deviendra eependant fertile. 

Des faits qui précèdent, il faut conclure ou que YA.eurojmtm possède 
trois pétales, ce qui paraît assez singulier, puisque la plante est rangée dans 
l’apélSlie par tous les auteurs, ou qu’elle a, non pas douze étamines, mais 
quinze, dont trois sont stériles, fait non moins singulier, car l’.4. canacknse 
etl’/f. europœum sont considérés comme deux plantes très-analogues, qui, 
a-t-on même dit, ne sont peut-être que des variétés d’une même espèce. 

XVI. 

Remarques sur l’organisation des Berbéridées. 

(Adamonla, II, 268.) 

Les titres seuls des différents paragraphes de ce mémoire montrent 
suffisamment à quels résultats il conduit. 

I. Sur la valeur du genre Aceranlhus. Ce genre, établi par MM. De- 
caisne et Morren, ne paraissait pas devoir être conservé. 11 repose sur un 
caractère susceptible de varier, et que le docteur Marchand a ultérieure¬ 
ment repoussé d’une manière absolue. 



II. Sur la division du genre en sections. de¬ 

vient alors une simple section de ce genre. Les sections Macroceras et 
Microceras étant maintenues, l’E. pinmlum devient le type d’une qua¬ 
trième section, sous le nom de £»ïmorpAopAÿ/ium. 

III. Sur des fleurs pentamères A’Iipimedium. Tous les verticilles, sauf 
le gynécée, peuvent être accidentellement construits sur le type quinaire. 

IV. Sur des fleurs pentamères de Berberis. Tandis que les Epimedium, 
normalement tétramères, peuvent accidentellement présenter le type qui¬ 
naire, le même phénomène s’observe, probablement pour une raison 
inverse, chez les Berberis, dont la fleur est normalement biternaire. 

V. Sur les étamines à panneaux des Berbéridées. Les anthères ne sont 
pas, comme on tes décrit d’ordinaire, extrorses dans les Berbéridées, 
mais bien primitivement introrses. Seulement l’oi-ganogénie démontre 
qu’une moitié de chacune des loges avorte plus ou moins complètement 
dans chaque anthère. La formation des panneaux est due au prolonge¬ 
ment, vers le dos du connectif, de la fente normale d’une anthère introrse, 
et le mode de déhiscence des étamines des Berbéridées n’est pas sem¬ 
blable, par conséquent, à celui qu’on observe dans les Laurinées et qu’on 
croyait identique. 

VL Sur le gynécée des Epimedium. MM. Decaisne et Morren ont'consi- 
déré le pistil des Epimedium comme formé de deux feuilles carpellaires. 
L’organogénie y démontre l’existence d’une seule feuille. 

VIL Sur l’organisation pistillaire du Jeffersonia. La ligue de déhiscence 
transversale du fruit de cette plante, répond à l’articulation que présentent 
les feuilles caulinaires de plusieurs Berbéridées. 

VIH. Sur l’organogénie pistillaire des Leonlice. 

IX. Sur la symétrie florale des Leontice. Les organes glanduleux qu’on 
observe en dehors de l’androcée, sont les pétales eux-mêmes et non une 
de leurs dépendances. 

X. Sur la symétrie florale du Jeffersonia. Son type floral est-ternaire ; 
mais la .corolle intérieure y subit de fréquents dédoublements. 

XL Sur l’andfocée du Podophyllum. 11 présente les mêmes phénomènes 
de dédoublement. 

XII. Des ovules des Berbéridées. 



XIII. Sur la valeur de l’Ordre des Nandinées. 

XIV. Sur quelques arilles de Berbéridées. 

XV. Sur les affinités des Berbéridées et des Papavéracées. 

XVI. Sur le développement des feuilles de quelques Berbéri dées (Ber- 
beris, Jeffersonia). 

xvn. 

Sua IA PRÉFLORAISON DES ÉTAMINES. 

(BuUelm de la Société botanique de France, I. II, p. 373.) 

Les étamines sont des appendices de la fleur et peuvent avoir, tout comme 
ceux qui constituent le calice et la corolle, un mode particulier de préflo- 

xvm. 

Recuerciies sur les ovules des Evontmus cultivés a Paris. 
(BuKelin de la Société botanique de France, I. V, p. 266, 314.) 

Toutes les espèces d'Bvonymtts qui fleurissent dans nos jardins ayant été 
passées en revue, il résulte de cet examen qu’elles n’ont pas toutes le même 
nombre d’ovules et que la direction de ces ovules est très-variable. On peut 
ainsi les diviser en cinq groupes ; 

a. Deux ovules collatéraux franchement ascendants; 

b. Deux ovules collatéraux franchement descendants ; 

c. Deux ovules superposés horizontaux, ou à pou près; raphé supérieur 
transversal ; 

d. Quatre ovules superposés, par paires collatérales, ascendants, k raphé 
intérieur, 

c. Ovules disposés sur deux séries parallèles, horizontaux ; raphés tournés 
dos à dos ; de 2 à 5 ovules sur chaque rangée. 

Cet exposé devait entraîner la discussion de la loi posée par R. Brown 
pour la direction des ovules, et il a été démontré qu'elle ne saurait être 
admise comme générale. Il n’en est. pas de même de la loi posée par 
M. Payer, et suivant laquelle la direction absolue de l’ovule n’est rien par 



elle-même, si l’on ne tient compte du sens suivant lequel s’effectue son 
mouvement anatropique. Suivant cette dernière manière de voir, un ovule 
dressé avec raphé intérieur, par exemple, répond à un ovule suspendu 
avec raphé extérieur, et ainsi de suite. C’est sur cette grande loi qu’a fondé 
depuis M. Agardh la méthode adoptée dans son Systema planlarum. 
Depuis, M. Gudlard ayant considéré les Dilléniacées comme offrant 
une exception à cette loi, M. J. de Cordemoy a répondu en démontrant 
qu’au contraire « la règle de MM. Payer et Bâillon est confirmée, attendu 
» que, dans aucun cas, nous ne remarquons l’exception signalée dans les 
» Dilléniacées. » (Bull, de la Soc. bot., VI, p. itt.) 

XIX. 

Sur les ovules des Beaufortia. 

(Adammia, lit, 266.) 

Les Beaufortia ont, en réalité, non pas un, mais trois ovules dans cha¬ 
cune de leurs loges ovariennes. Deux d’entre eux sont situés en haut et 
demeurent réduits au nucelle. L’ovule inférieur, placé vers la ligne mé¬ 
diane, poursuit son entier développement. Il est, en outre, en partie 
enveloppé de chaque côté par des lames d’originè placentaire, dont l’hy¬ 
pertrophie est tardive et ne commence qu’après l’apparition des trois 
ovules. 

XX. 


Organogénie florale du Triphasia trifoliata. 



On n’avait pu jusqu’ici établir le mode de développement de la fleur 
des Aurantiacées sur un type simple. M. Payer n’avait eu lieu d’étudier 
que les Cürus qui constituent déjà un dérivé fort complexe. Une abon¬ 
dante floraison du Triphasia a permis à l’auteur d’en suivre entièrement 
l’o> ganogénie florale. 11 a pu dès lors y constater : l’évolution successive des 
trois sépales, l’apparition simultanée des pétales, celle des trois étamines 





du verticille extérieur, puis des trois étatniues du verticille intérieur, les 
trois feuilles carpellaires se montrent en une seule fois au-dessus des di¬ 
visions du calice, et chaque loge contient d’abord deux ovules collatéraux. 
Mais, ce qu’il était impossible dé prévoir avant l’étude du développement, 
un de ces ovules avorte de bonne heure. Ce n’est qu’exoeptionnellement 
qu’il subsiste pendant une plus longue période. 

Les monstruosités qu’on observe dans les fruits de cette plante et dans 
lesquelles il y a six loges au lieu de trois, ne sontpasdues à laproduction 
des bourgeons axillaires des feuilles carpellaires, comme ou l’a pensé pour 
les Oranges. C’est un verticille carpellaire qui s’ajoute au verticille normal 
et dont les éléments alternent avec les siens. 

XXL 

ÉTUDES OHGANOGÉNIQUES SUR QUELQUES GENRES DE BuETTNÉRlACÉES. 

« M. Bâillon expose, dans ce travail, ce qu’il a observé du développement 
floral des genres BuettHcria, Theobroma, Myrodia, Astrapæa, Herman- 
nia, Melochia et Lasiopetalum ; il y ajoute quelques détails sur les genres 
Pbilippodendron et Yisenia, qu’il n’a pu étudier que sur le sec. Nous 
donnerons un abrégé de ses observations. 

» 1. Le Buettneria gracilipes a cinq sépales dont les divisions, d’abord 
libres, sont soulevées plus tard par une base commune : cinq pétales dont 
la partie moyenne, trilobée, se forme longtemps après la partie terminale, 
lancéolée, qui en est le vrai limbe ; un androcée à dix étamines, dont 
cinq fertiles naissent à l’aisselle des pétales; un pistil dont les cinq car¬ 
pelles sont superposés aux pétales, et s’élèvent pour former le style, tandis 
que les ovules se montrent en face d’eux, sur le réceptacle, au point qui 
formera l’angle interne do chaque loge. 

» IL I.e Theobroma présente un androcée également à dix éléments, 
dont les cinq filets fertiles en représentent deux et portent quatre anthères 
disposés en croix : le gynécée a encore cinq carpelles, mais c’est sur leur 
bord libre et intérieur que se produisent les ovules. 

» 111. Dansledfÿrodia, le tube Qommunqui réunit les anthères n’appa- 



parait que poslérieurement à la naissance des étamines, lesquelles, primi¬ 
tivement en cinq faisceaux, se dédoublent plus tard latéralement et de 
haut en bas. Le pistil comprend deux ou trois carpelles, et les ovules 
collatéraux naissent à l’angle interne des loges. C’est avec raison, dit 
M. Bâillon, qu’on a placé les Myrodia près des Plagianthus dans l’ordre 
des Bombacées. 

» IV. VÂairapœa, par le développement de son androcée et par son 
organogénie en général, se rapproche beaucoup des vraies Malvacées ; il 
n’en diffère que par la présence do doux loges complètes dans chaque 
anthère. 

» V. Dans VHermannia, les loges ovariennes sont superposées aux sé¬ 
pales, ce qui- permet de le séparer des Malvacées. Les Makernia doivent, 
d’après l’auteur, être réunis aux Hermannia. 

n Vl. Les Melochia ont encore cinq étamines fertiles superposées aux 
pétales, et cinq petites saillies alternes avec les pétales, saillies qui repré¬ 
sentent des étamines stériles. Les carpelles sont opposées aux pétales. 

» VIT. Le genre Lasiopetalum, étudié dans le Traité d’organogénie de 
Payer, offre une singulière déhiscence des anthères ; les sillons de ces 
organes, qui sont extrorscs, se prolongent en haut en contournant leur 
sommet, pour aller se terminer sur leur face intérieure, c’est là que se fait 
la déhiscence par une fente courte, mais non par un véritable pore. 

» Le genre PhiUppodendron, dont le pistil porte un ovule unique sus¬ 
pendu au sommet de la loge, parait à l’auteur rappeler bien plus les Hé- 
liclérées qu’un type quelconque des Buettnériacées. Quant au Visenia, il 
conclut de ses observations que cette plante est une Lasiopétalée, et qu’elle 
se distingue de tous les genres de ce groupe par son port, son mode d’in¬ 
florescence et ses loges ovariennes uniovulées. » 

{Extr. de la Rev. bibliographique de la Soc. bot. de Fr., IX, 183.) 



— so — 


xxn. 

Recherches süb l’organisation, le développement et l’anatomie des 
Capripoliacées. 



« Dans un groupe naturel, l’organisation régulière et l’organisation irré¬ 
gulière se trouvent d’ordinaire réunies, ce qui embarrasse beaucoup les 
classificateurs systématiques. On évite de violer des affinités ou de man¬ 
quer à un principe en plaçant les genres de ces familles sur deux séries 
collatérales. La famille des Caprifoliacées, dit M. Bâillon, se prête peut- 
être mieux que toute autre à ce mode d’étude, car ses genres peuvent être 
distribués de la manière suivante; 



» L’auteur s’attache à justifier cette classification dans des considérations 
morphologiques qu’il présente sur les genres Leicesteria , Lonicern , 
Sambucus, Triosteum, Symphoricarpos et Linnœa. On conçoit que nous 
ne pouvons le suivre dans ces détails. Après avoir établi les six types pré¬ 
cédents, l’auteur essaye d'y rattacher les autres genres classés dans les 
Caprifoliacées. D’après lui, le Xylosleum ne peut être distingué du Loni- 
cera, surtout quand on considère certains types de passage, tels que le 
Nintooa et le Chamæcerasus. Les Diervilla ne sont que des Lonicera h 
pistil dicarpellé. L’Abelia devrait très-probablement constituer avec le 
Linnœa un seul genre à deux sections. Les Viburnum sont des Sambucus 
il une seule loge ovarienne fertile, à anthères introrses et à fruit drupàcé. 
Le genre Aheuosmia d’Allan Cunningham parait devoir être rejeté des 
Caprifoliacées. Les genres Tripetalus Lindl., Chlamydocarpus Jaub., 
Yalentiana Rafin., et Karpâlon Rafin., n’ont pu être étudiés par l’auteur. 

» Dans la suite de son travail, M. Bâillon étudie les stipules des Capri¬ 
foliacées, leurs bourgeons axillaires et leurs affinités. Cette famille lui pa¬ 
raît si étroitement reliée à celle des Rubiacées, qu’il ne voit aucune ligne 




de demaioalioii entre elles. L’auteur termine cette étude par quelques 
détails sur l’anatomie de la tige des Caprifoliacées, laquelle présente, sous 
la zone celluleuse superficielle, une couche de cellules tubuleuses, d’une 
épaisseur notable, représentant les couches corticales. >. 

{Rev. bibliog., Soc.éot., VIM,481.) 

xxm. 

Organogénie florale des Cordiacées. 

{Adansonittf III, 1,11.) 

Les Cardia ont les fleurs disposées en cymes souvent scorpioïdes. Le 
périanthe et l’androcée se développent comme ceux des Borraginées. 
L’ovaire naît par deux feuilles carpellaires, d’abord indépendantes, puis 
tellement unies qu’on ne saurait les distinguer l’une de l'autre; après quoi 
elles se séparent de nouveau et forment quatre divisions stylaires. Chaque 
loge ovarienne est tardivement partagée en deux moitiés par une fausse 
cloison centripète. Tous ces caractères rendent les Cordiacées inséparables 
des Héliotropes et des Tourneforlia; et toutes ces plantes réunies forment 
un groupe particulier dé la grande famille des Borraginées. 

XXIV. 

Sur l’organogénie florale du Pleurandra. 

{Aâmsonia, III, 129.) 

La légitimité du genre Pleurandra ne pouvait guère être mise en doute 
parles botanistes qui en observèrent les premières espèces. En premier 
lieu, tandis que les Hibbertia ont des carpelles indépendants etoppositi- 
pélales,le Pleurandra présente un ovaire à deux loges et alternipétale. 
Mais l’étude organogénique démontre qu’il s’agit ici de deux carpelles pri¬ 
mitivement oppositipétales, comme ceux des Hibbertia, et qui ne se rap¬ 
prochent l’un de l’autre qu’à un âge avancé pour constituer un seul corps 
placé en face d’un sépale. L’androcée, qui est unilatéral, naît par un seul 



— 32 — 

mamelon légèrement excentrique, sur lequel l’apparition des étamines 
a lieu dans l’ordre centrifuge. Par ses caractères, le Pleurandra parait 
représenter une forme A’HMerlia, irrégulière quant aux organes sexuels 
seulement, et qui, parle gynécée, est auxDilléniacées penlagynes ce que 
sont aux Delphinium pourvus de cinq carpelles les espèces qui n’ont qu’un 
ou deux pistils. 

XXV. 

Observations sur les ovules des Anémones et de quelques autres 
Renonculacées. 



Les Anémones ont, dans chaque ovaire, non pas un ovule, comme on 
le croit généralement, mais bien cinq, dont un seul, l’inférieur, arrive à 
son entier développement. Les quatre autres demeurent à l’état de ma¬ 
melons cellulaires stériles. Les Atragene sont dans le même cas ; ce qui 
confirme leur identité avec les Clématites. Les Adonis ont aussi primitive¬ 
ment cinq ovules ; ce qui les assimile aux Anémoues. Les ovules des 
Renonculacées n’ont pas tous deux enveloppes; il n’y en a qu’une dans 
l’ovule de certains Hellébores. Dans un même genre, tel que l’Adonis, 
on peut observer dés ovules ascendants et des ovules descendants. 

Les étamines de certaines Renonculacées présentent, sous l’anthère, 
deux renllemenls latéraux du filet ; renflements qui se retrouvent et se 
prononcent davantage dans certaines Berbéridées. 

XXVL 

Mémoire sur le développement do fruit des Morées. 

IComples rendus,y janvier 1861. — L'Institut, 9 janvier 1861.-.l<ionsonM, I, 214,1. Vlll.) 

« Dans ce travail, l’auteur s’est proposé d’étudier l’évolution des fleurs 
dans les genres Monts, Droussonnetia et Dorslenia. 11 commence par 
énumérer les diverses opinions émises par les auteurs les plus estimés sur 
la nature du fruit des Monts, et rappelle qu’Aug. de Saint-Hilaire et 



— 33 — 

M. Spach sont les seuls qui aient considéré les nucules gélatineux que pré¬ 
sentent les fruits de ce genre comme formés, au moins en partie, par le 
péricarpe. Mais tous les auteurs.en ont regardé l’inflorescence comme 
simple et indéfinie. Il résulte au contraire des observations de M. Bâillon 
que les fleurs de première générafion qui paraissent sur l’axe floral du 
Jlfonisdeviennentle centre d’aufant de petites cyraes ou glomérules dont 
les fleurs latérales s’élèvent plus lard au même niveau que la fleui- cen¬ 
trale. L’auteur insiste ensuite sur la présence de fleurs hermaphrodites 
dans les Morus, surtout dans le Itlorus nigra, et au moins dans le jeune 
âge. Quant à l’ovaire, il est biloculaife, l’une des deux loges avortant 
presque constamment. Enfin il n’y a dans le fruit aucune soudure, ni des 
sépales entre eux, ni des sépales avec le péricarpe ; ce fruit est une simple ' 
drupe, produite par les modifications survenues dans le péricarpe après 
la fécondation. — Le Broussonneiia se rapproche beaucoup des Morus 
par son mode d’inflorescence et par la constitution de son fruit, avec celte 
différence que la côuche pulpeuse de ce fruit est plus mince sur les bords 
qui se rompent vers la maturité, et donnent issue, vers le sommet, à un 
noyau qui n’est aussi qu’une portion du péricarpe et renferme une ou 
deux graines. A l’égard du Dorslenia, M. Bâillon confirme les observa¬ 
tions faites par M. Trécul sur le développement centrifuge de l’inflores¬ 
cence de ce genre, développement qui est aussi celui de l’inflorescence des 
Ficus. Il (Bev. bibliogr.,Soc. bot., VIIl, 315,) 

XXVH. 

Sua i ORGANlSATlON nU FRUIT DE I.’ArBRE A PAIN. 

(Adansmia, IV, 79, t. V.) 

On considère généralement le fruit de l'Artocarpus comme formé par 
la soudure d’un très-grand noihbre de petits fruits groupés sur un récep¬ 
tacle eu tête et fortement rapprochés les uns des autres après la floraison, 
ce qui détermine leur réunion. Cette interprétation ne parait guère ac¬ 
ceptable, même à priori, parce qu’elle suppose la soudure tardive de plu¬ 
sieurs fleurs voisines les unes des autres, et que les exemples authenti- 




- 3/1 - 

ques de soudure réelle entre les organes arrivés à un certain âge, sont 
« peut-être plus que très-rares ». L’étude organogénique démontre au 
contraire que les fleurs femelles de l’Arbre à pain, sont à la surface d’un 
réceptacle en tête d’abord peu volumineuse, mais qu’après la floraison, ce 
réceptacle s'accroît graduellement dans l’Intervalle des jeunes frnits et que 
ceuï-ci se trouvent alors fixés au fond de fosses ou de puits dont la pro¬ 
fondeur augmente tous les jours. Bientôt cette profondeur est si considé¬ 
rable qu’on ne voit plus rien des fruits eux-mêmes, sinon quelquefois les 
styles dont le sommet sort par' l’ouverture de la margelle. Cette ouverture 
s’épaissit elle-même par les bprds qui arrivent à se tpuchar et à se froncer. 
Mais l’occlusioii n’est pas réelle; elle n’est qu’apparente. Avec quelque 
attention on retrouve l’orifice sous forme d’un point foncé. Le style des 
Àrtocarpus tend à devenir gynobasique. Le sommet du placenta est libre 
et dressé dans l’intérieur de l’ovaire ; il supporte, non-seulement un ovule. 
descendant, mais encore, au-dessus de lui, un obturateur trèsrdéveloppé. 

,XXVIII. 

OaOANOGliNIE FLORALE UES AcRONÏCHIA. 



Ce travail a pour objet, non une véritable espèce du genre Acronyehia, 
tel que l’a établi Forster, mais VJ. Cmninghami de Hooker, qui est rat¬ 
taché ICI aux Diosmées. Cet Acronyehia est, disons-nous, « bien moins 
construit comme un Zanthoxylon Cjpe pomme un Boronia, un Zieria, ou 
même un Correa et un Phebaiium. a MM. Bentham et Hooker ont coe- 
firmé cette opinion-en faisant de l’.l. Cmninghami un nouveau genre de 
Diosmées, sous le nom de Mf4Koma, Lp fait Ip plus remarquable qu’on ob¬ 
serve dans le développement de la fleur de cette plante, c’est que les- quatre 
ovaires étant primitivement et demeurant jusqu’au bout indépendants les 
uns des autres, les styles qui les surmontent, d’abord très-éoartés les nns 
des autres, se rapprochent tardivement et se collent entre eux de manière 
à ne plus former qu’une colonpe unique ; phénomène tout à fait analogue 
à celui que M. Payer a décrit, pour la première fois, dans les Rues et les 
Diosmées. 



— 3B — 


XXIX. 

Organobénie florale du Sésame. 



Lés alBnités dés Sésaliiéés sont l’objél de nombreuses controverses. 
L’étude des développements montre que son gynécée est d’abord repré¬ 
senté par deux feuilles oarpellalres opposées, avec une fosse qui se creuse 
au pied de chacune d’elles. La cloison qui les sépare existe donc dès le 
premier âge. Le bord supérieur de cette cloison, d’abord parfaitement 
horizontal, s'accroît ensuite davantage à droite et à gauche et représente 
un croissant à concavité supérieure. Plus tard cette cloison s’épaissit sur 
la ligné médiane, et c’est cet épaississement septal qui devient le placenta, 
unique d’abord, puis partagé par un sillon, en deux cordons qui portent 
les ovules. C’est beaucoup plus tard que, au milieu de chaque feuille car- 
pellaire, une fausse cloison, analogue à celle des Lins, s’avance vers le 
placenta et sépare l’une de l’autre, dans deux demi-loges distinctes, les 
deux séries d’ovules supportées par le placenta. 

Le fait le plus curieux de l’histoire organogénique du Sésame, c’est que 
les fleurs sont réunies en petites cymes triflores, mais que, dans chaque 
cyme, les deux fleurs latérales s’arrêtent de bonne heure dans leur dé¬ 
veloppement, deviennent épàisses, charnues, jaunâtres, et constituent les 
organes décrits par les botanistes comme deux glandes latérales qui 
accompagnent la base des bractées florales. 

XXX. 

Organogénie florale des Martynia. 



Quelques espèces, comme le M. proboscidea, diffèrent des autres Mar- 
tyniapsa le grand développement qu’y prennent de bonne heure les brac¬ 
tées laléralns de la fleur. Le développement du calice y présente aussi 
quelques dissemblances. La corolle et l’androcée se développent dans ces 



plantes comme dans le Sésame. H n’en est pas de même du gynécée. Les 
deux feuilles carpellaires limitent une fosse concave qui représente la loge 
ovarienne, et ce n’est qu’après un assez long intervalle de temps qu’on 
remarque de chaque côté de cette fosse un petit boursouflement celluleux 
qui est la première ébauche des placentas. La formation du gynécée pré¬ 
sente donc de grandes différences dans les Sésames et dans les Martynia. 
Dans les premiers, les placentas se montrent sur une cloison préexistante 
et dans l’angle interne des loges. Dans les derniers, l’ovaire est, dès le 
début uniloculaire, avec deux placentas pariétaux. Les Sésames se rap¬ 
prochent donc plus des vraies Bignoniacées, et les Martynia sont plutôt 
les analogues des Calampelis et des Gessnériacées à ovaire libre et à fruit 
sec. L’absence totale de l’albumen n’est pas un fait constant dans les Mar- 
lynia. Cet organe existe souvent, mais sous forme d’une couche mince et 
membraneuse. 

XXXL 

Sua l’ORGANISATION FLORALE DU CONDALIA MICROPHÏLLA. 

{Adansonia, II, 257.) 

Le Condalia a un ovaire biloculaire, comme beaucoup d’autres 
Rhamnées; et cependant l’organisation de son gynécée est bien différente. 
Tandis qu’un Jujubier, par exemple, a dêux loges. Tune antérieure, 
l’autre postérieure, une fleur de Condalia, semblablement placée, présente 
deux loges latérales. L’étude organogénique démontre que cela tient à ce 
que le Condalia n’a pas primitivement deux loges uniovulées, mais bien 
une seule loge biovulée. Mais une fausse cloison se produit dans celte loge 
unique, partant du milieu de son dos et s’avançant graduellement entre 
les deux ovules qu’elle isole ainsi dans deux demi-loges différentes. Comme 
d’ailleurs il n'y a qu’un carpelle, le stigmate du Condalia microphylla est 
latéral, et non terminal. 



— 37 - 


XXXII. 

RÉeHERCHES SÜR L’ORGANISATION ET LE DÉVELOPPEMENT DES ErICOÏDÉES. 

(Adomonto, l, 189, t. IV.) 

« L’auteur s’est proposé dans ce travail d’étudier l’organisation des Éri- 
cacées et de quelques familles voisines. Nous donnerons ici, dans l’ordre 
suivi par l’auteur, le résumé de ses principales observations. Parmi les 
Monotropees, il a étudié le développement de YHypopüys muUiflora, et 
conclut de ses observations que les fleurs de cette plante sont privées de 
calice, et que les organes qu’on a jusqu’à présent regardés comme des 
sépales, variables dans leur nombre et manquant souvent dans les fleurs 
latérales, et disposés d’ailleurs sur une spire continue, ne sont que les 
bractées supérieures des rameaux. Dans les Pirolacées, M. Bâillon a observé 
les Pirola rolundifoUa et P. minor, le Ckimophila umbellata, le Galax 
aphylla et le Cladothamnus. A l’exception du Galax, qui offre une co¬ 
rolle franchement monopétale et des étamines réunies à leur partie infé¬ 
rieure en une sorte de couronne, il pense que ces genres ont entre eux 
une affinité très-étroite, et que, quant aux caractères essentiels, les Piro¬ 
lacées ne peuvent tout au plus que constituer une section dans la grande 
famille des Bruyères ; il les regarde par cela même comme très-éloignées 
des Droséracées. Les Éricinées se divisent naturellement en quatre sections ; 
les ’Vacciniées, qui ont l’ovaire infère, puis, parmi les genres à ovaire su- 
père, les Pirolacées qui, réunies au Leiophyllum et à d’autres genres 
voisins, constituent un groupe à corolle polypétale, et les Bruyères, 
distinctes par leur corolle monopétale. Une quatrième section comprend 
les genres à loges ovariennes uni -ovulées, tels que le Cliftonia et le Pur- 
diœa, auxquels certains auteurs ont réuni à tort, pour constituer un groupe 
particulier sous le nom de Cyrillées, le Cyrilla et VEUiotia, dont les loges 
sont pluri-ovulées, et qui doivent se placer parmi les Éricinées polypé- 
tales. La famille des Êpacridées se distingue à peine, pour l’auteur, de 
celle des Éricinées, si ce n’est par ses anthères uniloculaires, et pourrait 
d’autant mieux lui être réunie qu’elle forme une série parallèle à celles 
des Éricinées. Les Humiriacées, que M. Lindley a placées parmi ses Eri- 



cales, s’en éloignent, parce qu’elles ont les loges ovariennes superposées 
aux sépales, et sont bien plus étroitement liées aux Styracacées, comme 
l’a indiqué Endlicher. Enfin les Sarracéniées, classées par M. Planchon à 
côté des Piroles, ont les placentas pariétaux, ne se réunissant point à la 
partie inférieure, et sont plus rapprochées des Polypétales à placentation 
pariétale. >> (Beii. éiéltopri, Soc. 6o(., VIH, 187.) 

XXXIII. 

Sua l’organogénie florale des Jdssiæa, leurs stipules Et leurs rraotées 

OVARIENNES. 

(BuUetm de la SocUté beianiqm de france, t. V, p. 206.) 

Le réceptacle des Jussiœa est tout à fait convexe dans son jeune âge, 
alofsqu’il produit deux paires de sépales décuSsés, la cofollr, les étamines 
et même les feuilles carpellairés. Puis, par suite d’acéroissements inégaux, 
il se déprime en dedans des feuilles earpellaires, et ainsi se forme la cavité 
ovarienne, dont le sommet est ensuite coiffé par ces mêmes feuilles car* 
pellaires qui marchent à la rencontre les unes des autres. 

M. Duchartre, dans l’étude d’une plante voisine, YŒnothefa, était arrivé 
à cette conclusion, que les feuilles earpellaires sont tardivement « écartées 
l’une de l’autre par l’interposition d’UU corps central, » qui est la oolu- 
mêlle, et que celle-ci « n’est pas autre chose'que la continuation et l’ex¬ 
trémité de l’axe ». M. Schlêiden a, d’autre part, admis la nature pure¬ 
ment axlle de l’ovaire. Ici l’auteur est amené par ses observations à 
d’autres conclusions. Il n’a pas vu de corps central s’interposer ainsi aux 
feuilles earpellaires, et il admet la nature axite de toute la portion infé¬ 
rieure de l’ovaire. Il n’y voit d’appendiculaire que l’espèce de calotte ter¬ 
minale qui supporte la base du style, et par conséquent le style lui-même. 

Les feuilles de certaines Onagrariéés sont accompagnées de stipules peu 
développées, et M. Spach a reconnu ce caractère comme général dans tout 
un groupé de cette famille. Mais les fleurs présentent des organes qui, au 
moment de leur apparition, pourraient faire penser que lé calice des 
a plus de quatre folioles. 11 s’agit dé six petites languettes formant collerette 






au -dessous des sépales dans le jeune âge, et qu’on ne retrou^re pas plus tard 
à côté d’eux. En examinant le développement de ces languettes, on voit qu’il 
précède cslpi des véritable? sépales, et qp’plles sont des hraptéps portées 
latéralement sur le réceptacle floral. D’abord pene sont que deux mame¬ 
lons celluleux -placés, l’un à droite, l’autrg à gaucbe. Puis chacun deux 
s’accompagnent ultérieurement de deux petits mamelons latéraux, six en 
tout. Les deux premiers sont des feqilles, les quatre derniers leurs stipules. 

Il est donc démontré par là que l’ovaire infère est ici foliifère, ce qui 
milite encore en faveur de sa nature axile, et que de plus les feuilles ova¬ 
riennes sont stipulées, comme les véritables feuilles caulinaires, 

XXXIV. 

Expériences sur des boutures de fleurs. 

{Adansmia, I, *80.) 

Les botanistes qui considèrent tes ovaires infères dès Cactées comme 
des axes logeant l’ovaire dans leur intérieur, ne sont pas étonnés de voir 
ces ovaires s’enraciner et reproduire la plante ; « ils voient dans ces ovaires 
des rameaux qui, placés dans des conditions favorables, constituent des 
boutures analogues à celles que fournirait tout autre rameau ». 

Ces observations ont conduit l’auteur à se demander si l’horticulture 
ne pourrait pas imiter ce qui arrive ainsi spontanément. Ayant remarqué 
que l’ovaire infère des Jussiwa porte deux appendices latéraux et que 
ceux-ci sont si bien des feuilles qu’on observe sur leurs côtés deux stipules 
analogues à celles des feuilles caulinaires, il a coupé ces ovaires au-dessous 
des feuilles et les a plantés. Ils se sqnt pfomptement enracinés, et, dans 
l’aisselle de chacune de leurs feuilles, on a vù apparaître un petit corps 
globuleux qui n'était autre chose qu’un bourgeon axillaire et portait de 
petites écailles imbriquées. Pendant ce temps, la portion supérieure de 
la fleur s’était détruite. 



_ 40 — 


XXXV. 

De l’hybridation et Des opinions des horticdltedrs écossais sdr les 

FÉCONDATIONS CROISÉES. 

XXXVI. 

Des mouvements dans les organes sexuels des végétaux 
ET dans les produits de CES ORGANES. 

(Paris, 1856.) 

Le jury du Concours pour l’agrégation des Facultés de médecine, présidé 
parM. Dumas, ayant proposé cette question, des expériences furent entre¬ 
prises pour étudier les singuliers mouvements dits par aspiration, qu’on 
remarque dans la Vanille, alors qu’on présente le pollen au stigmate, et que 
celui-ci est attiré comme l’est une parcelle de fer par un barreau aimanté. 
De plus, il fallait déterminer si les mouvements des étamines étaient modifiés 
par l’action des anesthésiques. Celles des5parmannio ont été soumises dans 
ce but à l’influence du chloroforme, et il a été constaté qu’elles y perdaient 
toute excitabilité, mais seulement d’une manière momentanée ; car elles 
pouvaient de nouveau être mises en mouvement quand on les avait plongées 
pendant quelque temps dans l’air pur. 

Dans la suite de ce travail (p. 63), l’auteur a cherché à distinguer et à 
classer les différentes espèces de mouvements que présentent les organes 
sexuels des végétaux. 

XXXVll. 

Sur le mode de' fécondation du Catasetum luridum. 

(SuUetin de la Société botaniqae de France, 1.1, p. 285.) 

Le petit appareil pollinique de ce Catasetum est soumis à une sorte de 
projection, dont la direction se trouve à peu près déterminée par l’organi¬ 
sation du gynostème, et ce phénomène pourrait avoir quelque influence sur 
le mode de fécondation de la fleur. 



— Iti — 


XXXVIII. 

De quelques particulaeités que présentent les orbanes de la fécondation. 

{Bulletin de la SocUU botanique de France, I. IV, p. 19.) 

Beaucoup de plantes qui passent pour dioïques se montrent aeoidenfelle- 
ment monoïques. Beaucoup de fleurs normalement dielines deviennent 
quelquefois hermaphrodites. Aux plantes pour lesquelles le fait a été 
démontré, l’auteur a joint les Rieins, les Croton, les Mercuriales, et il a 
montré des pieds mâles de ces dernières chargés de fruits bien développés. 

La seconde partie de ce travail a rapport à la description, dans plusieurs 
familles naturelles,' de ce chapeau de tissu cellulaire qui part du placenta 
pour venir coiffer le micropyle de l’ovule et qui joue un rôle important 
dans la fécondation. L’auteur a proposé de donner à cet organe le nom 
A'obturateur. 

XXXIX. 

De L’HERMAPaaODlTISME ACCIDENTEL CHEZ LES EüPHORBIACÉES. 

{Bulletin de la Société botanique de France, L IV, p. 692.) 

La monoecie accidentelle une fois établie chez les plantes dioïques, il 
fallait réunir les cas d’hermaphroditisme anormal que présentent les fleurs 
dielines. Des exemples sont donnés pour un assez grand nombre de genres, 
soit monoïques, soit dioïques. Tels les Crozophora, les Breynia, les Cicca, 
les Rkinus, les AparUthmium, les Silvæa, les BottUra, etc. L’auteur con¬ 
clut de ces observations que les faits de parthénogenèse ne .doivent être 
acceptés qu’avec la plus grande réserve ; il est même porté à penser que le 
Cœhbogyne, qu’on a toujours invoqué à ce propos, doit être mieux étudié 
que cela n’a été et n’a pu être fait jusqu’à ce jour ; car il n’est pas ration¬ 
nel d’admettre que cette plante soit féconde sans pollen, alors qu il est bien 
certain qu’aucune autre de celles qu’on a regardées comme telles ne peut 
produire de bonnes graines sans avoir été fécondée. 




- 42 — 


XL. 

Considérations sur la Parthénogenèse dans le Règne végétal. 


11 n’y a aucun fait qui démontre d’une manière incontestable que les 
plantes puissent être parthénogènes, c’est-à-dire fécondes sans féconda¬ 
tion. On n’a jamais cru à la parthénogenèse que dans des plantes à fleurs 
diclines de très-petites dimensions, tes Euphorbiacées, Graminées, ürti- 
cées, Amentaoées, Zanlhoxylées, etc. Toutes tes fois qu’on a pu examiner 
à temps les fleurs femelles fécondes dans les plantes dioïques, on a trouvé, 
à la base de leur pistil, un ou plusieurs oi^anes mâles fertiles. Ou bien, 
il existait, non loin des pieds femelles, des pieds mâles dont le pollen peut 
être transporté, non pas en général à d’énormes distances, mais à une 
distance assez considérable pour assurer la fécondation d’individus 
femelles qu’on avait pu croire sufiisamment isolés. Le pollen des Conifères 
se reconnaît à sa forme singulière sur des stigmates de plantes d'organi¬ 
sation même très-différente où l’ont transporté, à une assez grande 
distance, les courants d’air. Les Mercuriales, les Epinards, les Bixacées, 
les Cœlebogyne mêmè ont, comme plusieurs observateurs l’ont constaté, 
des fleurs accidentellement monoïques ou hermaphrodites. La culture et 
plusieurs autres causes mal connues favorisent la production de ces acci- 
deilts. Quant aux Cucurbitacées, telles que les Bryones, il sulfit de dire 
que c’est dans leur fleur femelle qu’on étudie le mieux l’apparition des 
organes mâles. 

XLl. 

Sur un cas apparent de Parthénogenèse. 



11 s’agit ici d’une Bixacée qu'on peut rendre, à volonté, parthénogène, 
en apparence du moins, quand le pied mâle de cette plante dioïque est 
fleuri en même temps que le pied femelle. Les Bixacées ne peuvent 




— 43 — 

fournir que de mauvais exemples de parthénogenèse, parce que, dans leurs 
fleurs femelles, de petite dimension, il est facile qu’un organe mâle, 
anormalement développé, passe tout à fait inaperçu. 11 y a des saisons et 
des années ou, sans qu’on en sache la raison, les hermaphroditismes 
et les exemples de monœoie accidentels se multiplient singulièrement. Ou 
,ne pourrait affirmer la parthénogenèse que dans des fleurs femelles de 
grande taille et faciles à examiner dans toutes leurs parties. 

XLII. 

Sur l’émission des tubes polliniqoes des Helunihemom. 

{Adansonia^ II, 56.) » 

On s’accorde à considérer comme cause unique de la production du 
tube pollinique, « l’action de l’eau ou de l’humidité du stigmate ». Il faut, 
suivant A. de Jussieu, pour que ce tube se forme, que le grain de pollen 
« ait été jeté sur le stigmate ». Ici, pour un certain nombre detgrains, te 
phénomène se produit d’une manière toute différente. Des grains de pol¬ 
len, demeurés dans l’anthère ouverte et peu éloignée du stigmate, s’allon¬ 
gent en un tube qui marche horizontalement vers te gynécée, s’enfonce 
dans son intérieur et va rejoindre 1 ovule par son extrémité libre. Un 
même tube peut ainsi se suivre de l’ovule fécondé jusqu’à l’anthère où 
s’est formé le grain de pollen, qui n’a pas bougé un instant. On en con¬ 
clut qu’il est des cas où « le pollen trouve en lui-même, ou dans les por¬ 
tions do l’organe mâle qui l’environnent, les conditions nécessaires à la 
formation de ces filaments ». 

XLffl. 

Etudes sur le développement, l’anatomie, la physiologie et le 

DÉVELOPPEMENT DES TIGES ET DES RACINES. 

(AitanjMwa, I, 298.) 

Ce premier travail sur un 'sujet aussi vaste, n’est relatif qu’à deux 
plantes monocotylédones, l’une très-simple en' organisation, le Lmm 
minor; l’autre déjà beaucoup plus compliquée, YJsparagia offieinalts. 



- 44 - 

Dans colleTCi la tige et la racine bnt été étudiées séparément. La tige pré¬ 
sente au début trois légions concentriques distinctes, mais elles tendent à 
se confondre à un certain âge. La Vanille étant, sous ce rapport, compa¬ 
rée à l’Asperge, on voit qu’il y a, dans la première, une zone fibreuse 
extrêmement nette,q ui sépare la région extérieure de la région moyenne 
et que, dans la seconde, la zone de fibres se fond graduellement dans la 
région intermédiaire proprement dite. La disposition des faisceaux fibro¬ 
vasculaires est étudiée dans la zone centrale. Dans ta racine, on compte 
trois zones distinctes et concentriques. La zone intermédiaire, très-déve- 
loppée et d’une structure très-compliquée, se décompose elle-même en 
trois zones secondaires: l” une couche superfidelk, cellulaire; 2* une 
couche moyenne, formée de tissu cellulaire peu organisé, analogue par 
l’aspect à un dépôt plastique injecté ; S” une zone profonde, formée prin¬ 
cipalement des faisceaux fibro-vasculaires. La conclusion montre les 
grandes différences qui séparent, dans l’Asperge, les tiges des racines, 
au point de vue histologique. 


Un grand nombre de questions anatomiques et physiologiques ont 
été étudiées à propos des familles des Euphorbiacées et des Buxacées; 
notamment en ce qui concerne l’évolution de leurs ovules, la déhiscence des 
fruits, la structure des tiges des Buis, celle de leurs racines, de leurs 
feuilles, celle des poils simples et rameux des Euphorbiacées, etc., etc. 

XLV. 

Sur le nectar sécrété par les glandes septales . d’une Broméliacée. 

IXLVl. 

Recherches sur l’appareil sécréteur des Corvanthes. 

. (z4t/an5on»a, IV, 248, t.* VIII.) J 

Oa sait depuis longtemps que les Coryantkes ont dans leur fleur, à la 
base du gynostéme, deux saillies en forme de cornes, qui produisent pen- 



— Il5 - 

dant la floraison une sécrétion abondante de liquide. Ces organes sont 
généralement considérés comme des staminodes ; mais l’étude de leur 
tissu montre qu’ils sont très-différents des pièces de l’androcée, au point 
de vue histologique. Sous un épiderme membraneux, ils renferment un 
parenchyme cellulaire abondant qui est parcouru par deux séries parallèles 
de faisceaux trachéens, ou plutôt, chose sans exemple dans tout le Règne 
végétal, par les mêmes faisceaux, repliés en anse près de l’extrémité libre 
de l’organe et revenant parallèlement à eux-mêmes jusqu’à sa base, pour 
rentrer dans le gynostème dont ils étaient sortis. Cette curieuse anomalie 
s’explique par ce fait que la corne n’est qu’une gibbosité latérale du 
gynostème. La formation de ces singulières anses est en rapport avec là 
sécrétion de la fleur. Le liquide existe à une certaine époque dans ces 
trachées; sa marche y est retardée ; il ne sort d’ailleurs que grâce à une 
conformation anatomique particulière du sommet des cornes sécrétantes, 
conformation qui a beaucoup d’analogie avec celle des extrémités des radi¬ 
celles. Les cellules épidermiques, ramollies et gonflées à ce niveau, facile¬ 
ment désorganisables, prennent de plus en plus les caractères des cellules 
du parenchyme sous-jacent. Quand la sécréuon du liquide est. presque 
terminée, toutes ces cellules, devenues moins consistantes encore, formant 
comme une espèce d’empois, ou de gelée très-diluée, n’ont plus d’ad¬ 
hérence entre elles et se séparent sous l’influence de la plus légère 
traction. 

Ce qui montre combien peu souvent les fonctions sont disliiictos Jes 
unes des autres dans les plantes, c’est que les qualités du liquide sécrété 
sont sensiblement les mêmes que celles de la sève ordinaire. A l’aide 
d’une expérience des plus simples, la section de l’extrémité de la corne 
sécrétante, on démontre que l’écoulement se continue par la surface de 
section avec la même rapidité, et d’autant plus abondamment qu’on a 
davantage arrosé la plante. C’est donc l’eau absorbée par les racines, qui 
traverse la plante dans toute sa longueur et qui sort à l’état liquide vers 
son extrémité supérieure, sans avoir presque changé de nature. La circu¬ 
lation de la sève commente là où se fait l’absorption ; la sécrétion est à 
l’autre extrémité du trajet circulatoire. 




xi>yn. 

Expériences relatives a l’absorption des liquides par les feuilles. 



1" Expérience. — Reproduction, avec quelques modifications, de la 
52" expérience de Haies. Deux feuilles égales, portées sur un rameau uni- 
iiue, sout plongées l’uue dans l’eau, l’autre dans l’air. L’eau absorbée par 
la première suffit à maintenir la fraîcheur de la seconde. 

2' Expérience. — Une branche feuillée d’arbre pleureur est plongée 
dans un ballon plein d’eau. Les autres causes de perte étant supprimées, 
l’eau baisse graduellement dans le col cylindrique du ballon. On cube le 
volume de la portion du col qui s’est vidée et l’on arrive, pour la totalité 
d’un grand arbre, à un chiffre énorme de liquide absorbé. 

3" Expérience. — Un ballon plein d’eau, dont le col est étroit, ne perd 
que fort peu de liquide par le fait de l’évaporation. La perte n’est pas 
proportionnelle au temps et peut même être à peu près complètement 
négligée. 

i" Expérience. — Une branche d’arbre pleureur étant plongée dans un 
ballon plein d’eau, à col ouvert, le liquide baisse d’une quantité notable, 
et la perte n’étant que fort peu due à l’évaporation doit s’attribuer en 
presque totalité à l’absorption par les feuilles. 

XLVIIl. 

Sur la régularité transitoire de quelques fleurs irrégulière.s. 

{Admsonia, V, 176.) 

L’organogénie démontre que, dans certaines Scrofulariées, Acanthacées, 
etc., les fleurs naissent irrégulières, deviennent ensuite régulières par 
suite de l’inégalité d’accroissement de leurs différents organes, puis, par 
la même cause, reprennent définitivement leur irrégularité primitive, ou 
une autre. ' , 



— kl — 


xux. 

Note sur une production anormale chez les Podocarpus. 

[Bulletin de la Société botanique de France, t. TI, p. 29.) 

Les rameaux de ces plantes portent quelquefois des masses charnues et 
succulentes qui présentent l’espect d’une baie ou de certaines,galles. Mais 
l’étude du développement de ces productions montre qu’elles sont dues à 
la transformation de quelques bractées ou feuilles caulinaires, lesquelles 
subissent ici les modifications qui se rencontrent normalement dans les 
bractées florales. 


Sur une Protéacée et une Laurinée poltcarpellées. 

[Adansonia, II, 592.) 

Un Lambertia et un Sassafras ont présenté, comme il arrive assez sou¬ 
vent dans les Légumineuses, des fleurs pourvues de plusieurs carpelles 
indépendants, au lieu d’un seul. 

Ll: 

Etude d’une Crucifère a fleurs monstrueuses. 

[Adansonia, II, 300.) 

Sur les fleurs d’un Bmias monstrueux, on rencontre indifféremment 
des placentas pariétaux, ou axiles. L’ovaire peut être ouvert, avec les 
ovules insérés sur les bords des feuilles carpellaires étalées ; ou bien ces 
feuilles ne portent rien, et les ovules, plus ou moins transformés, sont 
portés sur un corps central qui ressemble à un bourgeon ou à un rameau. 

On peut conclure à volonté, de ces cas monstrueux, ou que la placen¬ 
tation des Crucifères est axile, ou qu’elle est foliaire. Il convient donc de 
se demander, en présence de pareils faits, « si l’étude des monstruosités 
est bien propre à nous éclairer sur la nature morphologique des organes?» 



- 48 — 


Ll bis. 

Sur des fleurs monstrueuses de Sinapis arvensis. 

{Admsoma, 111, 351, t. XIL) 

Dans ces fleurs monstrueuses, tantôt les placentas sont pariétaux et plus 
ou moins proéminents dans l’intérieur de la cavité ovarienne, et tantôt on 
voit, à la base de l’ovaire, un petit axe presque central et libre qui porte, 
ou des ovules modiflés, ou des bractées, ou une fleur, ou même une petite 
inflorescence. 11 y a même des ovaires dans lesquels on trouve à la fois 
plusieurs Heurs bien constituées et portées à la base sur un axe commun, 
et sur les parois, non-seulement des ovules avortés de formes et de dimen- 
■ sions très-variables, mais encore, et surtout à la partie supérieure des 
placentas, des fleurs incluses portées sur un petit pédicelle. On pourrait 
tirer de l’examen de ces anomalies un bon nombre de conséquences con¬ 
tradictoires. Mais nous concluons ainsi : « il y a peut-être des botanistes 
qui ne voudraient tirer de ces anomalies aucune conséquence. Ceux-là 
auraient peut-être raison dé dire : cette monstruosité prouve seulement 
qu’il y a des monstruosités qui ne prouvent rien ». 


Note sur un Lis et on (Eillei monstrueux. 

Allongement indéflni de l’axe floral, chargé, au lieu d’appendices flo¬ 
raux, d’un grand nombre de folioles semblables entre elles; transformation 
d’une fleur on rameau foliifère. 

LUI. 

Sim une bruvère a gynécée monstrueux et sur le placenta normal 
DE QUELQUES ÉrICINÉES. 

(Atasoni'o, I, 286.) 

Observation d’une Bruyère.dont le placenta, après avoir porté les ovules,, 
sp continue en un rameau chargé de feuilles. Les carpelles entourent la 



- 49 - 

base de cette production et se continuent pour constituer une sorte de 
style. Il est démontré qu’en s’appuyant sur l’examen de cette anomalie, 
on arriverait aux opinions les plus contradictoires sur la nature de la pla¬ 
centation des Ericinées. Etude de quelques placentas normaux, en forme 
de clous, de paieras, de palettes à pédicule étroit, appartenant à des 
plantes de la famille des Ericinées. 

LIV. 

Description u’une Primucacée a fleurs monstrueuses. 

Il s’agit d’une Lysimaque, dont l’ovaire demeure béant à son sommet. 
Par cette ouverture sort le placenta qui, au lieu d’ovules, porte des 
feuilles normales et devient un rameau, simple ou ramifié, atteignant 
jusqu’à un décimètre de longueur, et qui a pu être bouturé. Ce fait repro¬ 
duit, avec des développements bien plus considérables, un fait' observé . 
sur un CoHusa par M. Duchartre. (Ann. sc. nat., sér. 3,11, 290.) 

LV. 

Sur des fleurs doubles de Delphinium Consolida. 

Perdant son éperon, acquérant des pétales égaux et disposés régulière¬ 
ment tout autour de la fleur, ce Delphinium devient identique avec une 
Nigelle à fleurs doubles, t.a forme irrégulière des Renonculacées retourne 
à la régularité. 

LVl. 

Sur des fleurs monstrueuses de Trifolium repens. 



Dans ces fleurs souvent chloranthiées, le nombre des carpelles était 
ordinairement augmenté ; le gynécée y était souvent trimère. Ou les 





— 50 — 

ovaires sont clos et indépendants, ou bien ils sont étalés et unis bord à 
bord, pour constituer un ovaire uniloculaire avec trois placentas pariétaux 
etplùriovulés. Ou pourrait s’attendre, d’après les théories généralement 
adoptées, è ce que les placentas répondent aux bords des limbes de ces 
feuilles carpellaires. Il n’en est rien ; la paroi ovarienne est uniquement 
formée par la portion basilaire, dilatée et vaginiforme de ces feuilles. 6’est 
le pétiole qui s’atténue pour former le style, et très-fréquemment ce pétiole 
est surmonté d’un limbe trifoliolé, semblable à celui des feuilles cauli- 
naires et occupant la place d’un stigmate. Non-seulement le limbe foliaire 
ne porte jamais ici les ovules ; mais encore il y a des fleurs où la placen¬ 
tation n’est plus pariétale, quoique l’ovaire demeure uniloculaire. Le 
placenta devient central-libre ; c’est un petit rameau simple ou ramifié et 
dont la tête renflée se couvre de petits mamelons représentant sans 
doute des Ovules avortés, ou d’écailles, ou même de feuilles pourvues d’un 
limbe bien dessiné. Nous concluons encore ici «que l’on peut tirer de 
l’examèn d’une monstruosité beaucoup de conséquences opposées les unes 
aux autres, mais quelquefois aussi fort illégitimes, » 

LVII. 

Note sua un paradoxe de RËavLABiTÉ daks les fleurs de la Liuoselle. 

(Àdamomi, 1, SOS.) 

Une fleur, normalement irrégulière comme celle de la Limoselle, peut 
devenir régulière à force d’irrégularité. Il y a cependant toujours moyon 
de reconnaître cette régularité acquise et de la distinguer de la régularité 
normale. 



BOTANIQUE DESCRIPTIVE 
ET TAXONOMIQUE, 

EAMIEEES NATUREEEES ET MONOCfRAPHIES. 


Lvm. 


ÉTBBB eSMÉBALB DU 8R0UUE DES EupHOBBUCÉES. 



Voici DU aperçu sommaire de cet ouvrage, dont des comptes rendus 
ont été présentés par MM. Duchartr’e, dans le Bulletin de la Société bota¬ 
nique de France; Klotzsob, dans les Mémoires de l’4cadémie de Berlin; 
Hasskarl. dans le Flora, etc. 

Recherche des types. — Tous les genres connus sont analysés sommaire¬ 
ment et réduits k quatort» types ou séries, dont cinq appartiennent aux 
Euphorbiacées biovulées et neuf aux uniovulées. 

SÉPÀBaTio* DES SBBBB. ■— Elle est admise pour tous les genres. L'auteur 
en excepte les Euphorbes et les Pédilantbes, qu’il regarde comme ayant les 
fleurs bermapbrodites, Il confirme, sous ce rapport, la manière de voir de 
Linné. ' , 

Le Peàlanthus, dont l’auteur étudie tout le développement organo- 
génique, est ramené au type des Euphorbes, dont il ne diffère que par l’ir¬ 
régularité de son périantlie. 

Le Dalechampia n’offre aucun point de comparaison plausible avec les 
Euphorbes, et ne peut être classé dans la même tribu qu'elles ; l’auteur 
le renvoie au* Acalypbées. 

Tu4ntltostema est au contraire décrit comme ayant des fleurs véritable¬ 
ment moiiandres, mais réunies en oymes. au centre desquelles se trouvent 
les fleurs lémellos- Celles-ci no deviennent latérales que par une déviation 
ultérieure, et c’est non loin des Sapiées que ÏAnihoitema doit être rangé. 



_ 52 — 

Inflorescence, — La rareté des inflorescences indéftnies dans ce gronpe 
est d’abord établie. Le pins souvent les inflorescences sont mixtes. Mais on 
arrive facilement à cette conclusion générale, que, à part nu-très-petit 
nombre d’exceptions, quand l’inflorescence est centrifuge, les femelles sont 
centrales, tandis qu’elles sont basilaires ou périphériques, lorsque l’inflo¬ 
rescence est centripète. 

Perianthe. — La question si débattue de la nature des verticilles que 
comprend le périanthe est résolue par d’autres méthodes que celles qu’on a , 
employées jusqu’ici. Tandis que M. de Jussieu a admis une corolle dans les 
Euphorbiacées, M. Richard en a repoussé l'existence. L’organogénie tranche 
aisément cette question. La corollè existe souvent dans ces plantes, et ce 
■n’est pas un simple calice coloré intérieur auquel on donne ce nom. Mais en 
même temps l’auteur repousse les motifs que MM. de Jussieu et Richard 
avaient fait valoir en faveur de leurs opinions respectives. Il arrive aux 
conclusions suivantes : 

!• Que la corolle peut manquer dans les fleurs des deux sexes ; 

2" Que, lorsqu’elle manque dans l’un d’eux, c’est la fleur femelle qui en 
est dépourvue ; 

3* Qu’existant dans tes deux sexes, elle peut être beaucoup moins 
développée dans la fleur femelle. 

Calicole. —11 peut exister chez les Euphorbiacées, et, dans ce cas, il est 
formé, comme dans les Fraisiers, par des stipules des sépales. Le prétendu 
calicule des fleurs pourvues d’une corolle n’est que le véritable calice. 

PrEfloraison. — Elle n’.a pas l’importance qu’on lui attribue én géuéral, 
parce qu’elle est extrêmement variable. Ici toutes les préfloraisons passent 
facilement d’une variété à une autre. Les pièces de l’androcée et du gynécée 
peuvent avoir leur préfloraison, tout comme celles du périanthe. 

Insertion et i^ceptacle. — Ce qui fait l’insertion, c’est la forme du 
réceptacle. Là où le réceptacle change de forme avec l’àge, l’insertion peut 
aussi changer. Toute périgynie est d’abord hypogynie, de même qu’on sait 
que l’épigynie n’est qu’une périgynie exagérée. 11 en résulte ici ce singulier 
phénomène que, dans certains genres, la corolle est nettement périgyne, 
tandis que les étamines sont hypogynes. Cela tient à ce que le réceptacle 
est un organe essentiellement polymorphe, variable à l’infini dans sa confi- 




- 58 - 

guration, et l’on sait tpême que souvent il affecte celle des organes appendi¬ 
culaires. Or, comme la forme esl un caractère de peu de valeur, l’insertion 
qui change avec elle doit elle-même n’avoir qu’une importance rela¬ 
tive. 

Disque. —Le disque a été appelé ici par les uns glande ovarienne, par les 
autres, calice, calicule. Commentseprononcer.au milieu de tant d’interpré¬ 
tations diverses? Par l’examen des développements. Que le disque ait l’air 
d’un sépale, d’un filet d’étamine, ou d’un saccorollin intérieur, il offre un 
caractère constant: c’est qu’il n’apparaît jamais qu’après le verticillefloral 
en dehqrs duquel il est situé. 

Androcée. — La forme des anthères n’a pas de valeur, comme on l’a 
pensé jusqu’ici, pour la distinction des genres. Ce qu’on a décrit comme un 
pore de déhiscence n’est le plus souvent qu’une fente longitudinale courte. 

Il n’y a probablement pas, dans ce groupe, de véritable déhiscence transver¬ 
sale. Le connectif forme des prolongements de structure variable au-dessus 
des loges. La configuration de ce connectif lui-même est très-variable ; de 
sorte que les loges de l’antbère peuvent ou se toucher, ou être très éloignées 
l’une de l’autre. Il n’y a que les botanistes qui ont observé un petit nombre 
de genres qui puissent croire que les étamines soient toujours construites 
sur un même type. L’organogénie de l’androcée a pu être étudiée dans dix 
types différents.. 

Staminodes. —L’androcée rudimentaire n’aété indiqué, dansle mémoire 
classique le plus complet que nous possédions sur c^tte famille, dans aucun 
des genres qui le possèdent. La question importante était de distinguer les 
staminodes glanduleux des glandes du disque bypogyrie. L’organogénie a 
seule pu résoudre cette question dans des cas où, sans son secours, elle • 
devenait insoluble. L’ordre d’apparition a décidé, malgré les apparences, 
notamment dans le Jatropha, 

Gvnécée. — Ovule. — L’ovule des Euphorbiacées naît sur J’axe de l’ovaire 
au-dessus de la feuille carpellaire. Son nucelle conique se recouvre de deux 
enveloppes, et son mouvement anatropique esl tel, que le micropyle se dirige 
en dehors et en haut. Vient ensuite cette période passagère où le sommet 
du nucelle prend un développement excessif, et forme un prolongement 
dont la forme curieuse est décrite dans plusieurs types. Dans beaucoup de 




- 54 - 

geqres cette protubérance aplatie s’abaisse alors sur les deux lobes de l’obtu¬ 
rateur et les applique sur le sommet môme de l’ovule. 

Cxuoucwe, ^ En suivant pas 4 pas le développement de l’ovule du Ricin 
et des Euphorbes, l’auteur a pu reconnaître ta véritable origine de cette 
production qui a fait donner aux graines de ces plantes l’épithète de 
camsulé$f, 

Ee tissu cellnlaire spécial de la primine est l’origine de la caroncule. 
Seulement, les cellules se gorgent de sucs vers l’exostome. tandis que, par 
un balancement remarquable de développement, celles de tout le reste de 
la primine se vident et s’atrophient presque complètement. Au moment 
donc où l’exostome va s’bypertrophier, le reste de la primine deviendra une 
membrane si ténue, qu’elle disparaîtra sur la graine mûre, sons l’in- 
fluence du plus léger frottement, et que, d’une très-grande minceur et d’une 
transparence considérable, elle laissera apercevoir les couleurs variées du 
testa. On ne peut invoquer ici un renversement en dehors des bords du 
raicropyle, qui viendraient recouvrir la graine d’une membrane surajoutée, 
et constituer ce qu’on a appelé l’arüloie. Si l’on suit simultanément les 
changements que subit l’obturateur, on pourra se convaincre que la caron¬ 
cule est composée î l" par l’exostoma épaissi; 2" par les restes de l’obtu¬ 
rateur, . ^ 

Lacaronculen’apasla même forme dans toutes les Euphorbiaoées, Elle 
est constituée, dans les Phyilanthus, par toute la primine devenue spon¬ 
gieuse et charnue. L’auteur l’examine aussi dans les Hippomne, le 6’ro(o- 
nçpsis, le Tragn corniculaia, les Cluytia, les Mmihot, les Cnrças, etc. 

Il recherche aussi quel serait le but physiologique de certaines migrations 
de la caroncule, celle de yHpurge par exemple, laquelle, née sur la bouche 
extérieuredu micropyle, va se dirigeant contre le hile, l’entoure, le presse 
comme pour établir une solution de continuité du funicule, 

Obturxteub. — Depuis longtemps M. de Mirbel a montré que l’ovule ■ 
desEuphorbes est, 4 l’époque de la fécondation, surmonté d’un corps perti- 
cutier, naissant comme lui d ’un placenta, et venant coifier son sommet. C’est 
une sorte de petit chapeau en forme de cloche, qui vient s’appliquer par sa 
base sur le micropyle, dont les bords saillants coiffent le sommet do Tovnle, 
et qui, du centre desa base, envoie un prolongement dans l’exostoroe. Après 



- 56 — 


la fécondation, cc corps s’atrophie graduellefflent, mais ne disparaît pas tou¬ 
jours complètement. Comme cet organe n’a pas , toujours la forme d'un 
chapeau, l’auteur réforme la dénomination de chapeau de tissu crnducteur, 
d’ailleurs trop longue, qui lui a été donnée, ainsi que celle d’MIérovule, qui 
ferait supposer que ce corps n’est antre chose qu^un ovule avorléetdéformé; 
il l’appelle oiturateur. 

Il montre ensuite que cette production du placenta, qui existé dans beau¬ 
coup de Dicotylédones et dans certaines Monocotylédones, ne peut être con¬ 
fondue avec la caroncule, C’est un organe transitoire quise développe beau¬ 
coup plus têt que la caroncule, et qui commence à s’atrophier alors que 
celle-ci commence i se développer ; cependant il peut en persister un rudi¬ 
ment à la surface de l’arillode. 

L’auteur a suivi l’évolution de l’obturateur dans l’ovaire du Ricin. Au- 
dessus de chaque ovule, l’axe un peu allongé donne lieu à une petite saillie 
celluleuse blanchâtre qui devient plus tard une sorte de coiffe pour l’ovule 
sous-jacent. Sa face inférieure, appliquée sur le micropyle, envoie dans 
l’orifice micropylaire un prolongement conique qui établit uue communi¬ 
cation directe entre le petit chapeau et le sommet du nucelle. A l’époque de 
l’anthèse, la primine s’épaissit pour former la caroncule, ses bords latéraux 
s’élèvent, et entourent bientôt, dans une rigole profonde formée bilatérale¬ 
ment, le petit auvent qui a cessé de s’accroître et diminué de taille. 

L’auteur fait remarquer la coïncidence entre l’existence passagère de 
l’obturateur et le phénomène delà fécondation, et il étudié sa forme dans les 
Euphùrbia, le Solerocrolonjea Sapium, les Anda, les Garcia, les CoUiguaja 
et les Cœlebogyne, dans les Securinega et les Drypetes où il n’y a qu’un 
obturateur pour les deux ovules, dansleMoaœrro et l’flemicÿcMooùnon- 
seulement il recouvre les ovules, mais encore les déborde latéralement et en 
arrière, et envoie entre eux une sorte de cloison obtuse. 

Ad. de Jussieu croyait que ces masses de nature indéterminée étaient 
peut-être le résultat delà soudure des deux ailes, et qu’elles s’interposaient 
aux parois de la loge et aux ovules. Sur des boutons peu développés, on 
voit que Celte masse n’est pas encore arrivée au contact avec le sommet 
des ovules; et d’autre part, les graines des plantes dont il est ici question 
sont dépourvues de caroncules proprementdites. 




— 56 — 


Jamais l’axe floral ne se prolonge au delà de l’oblurateur. 

Graine. —Ce qui est véritablement important à considérer dans la direc¬ 
tion d’une graine, ce n’est pas tant sa position ascendante ou descendante, 
que la situation, par rapport à l’axe du fruit et à la paroi extérieure de la 
' loge, du raphé, de la chalaze et du micropyle. Cette assertion se trouve jus¬ 
tifiée, si l’on suit le développement de la graine du SarcocUnium Hookeri. 
Par suite de l’accroissement rapide de la partie supérieure de la loge ova¬ 
rienne, la graine, au lieu d’être pendue, est horizontale et même un peu 
ascendante. Le caractère seul de la direction ne suffit donc pas pour rap¬ 
procher cette plante de son groupe naturel, maiselleyrentreralorsqu’on 
remarquera que son raphé est extérieur, que son micropyle est intérieur 
et inférieur. 

Partie descriptive de l’ouvrage (p. 282-669). —Cette partie contient 
la description et les caractères de 257 genres. Sur ce nombre, 285 sont 
classés parmi les Euphorbiacées. Les autres sont présentés comme ayant 
été à tort jusqu’ici rapportés à cette famille, et sont répartis parmi les 
groupes naturels auxquels ils appartiennent réellement. 


Examen des genres qui composent l’ordre des ântidesmées. 

IBuUetm de la Société hokmique de France, t. IV, p. 987.) 

L’auteur a été conduit à étudier les Antidesmées par son travail sur le 
groupe des Euphorbiacées. On admettait généralement de grandes analogies 
entre les deux familles. M. Tulasne avait même démontré que le Fakoneria 
était une véritable Euphorbiacée, voisine des Sapium. L’auteur est allé plus 
loin. Il a prouvé que le Gymnobothrys de Wallich n’est autre chose que le 
Fakoneria; (piek Putranyim était aussi une Euphorbiacée, comme l’avait 
cruM. Lindley,mais que sa véritable place est parmi lesPhyllanthées; que le 
Gmghia, ÏÀntidesma et le Stilaginella de M.Tulasne, sont des Euphorbia¬ 
cées voisines des Flüggea, et que l’Adelanthus avec le Pyrenaeanlha doivent 
être rejetés parmi les Phytocrénées ; de sorte que l’ordre des Antidesmées 
se trouve complètement supprimé. 




— 57 - 


LX. 

Les ScÉPACiîEs doivent-elles constituer un ordre particulier? 

(Bulletin de la Société botanique de France, t. IV, p. 993.) 

Les Scépaoées ont eu la même destinée que les Aniidesmées. Elles se 
trouvent en effet, par l’exclusion successive de tous leurs genres, réduites 
kYAporosa de Blume, qui est une véritable Euphorbiacée. 

LXl. 

Observations sur i. Euphoreia paucifolia Kl. 

Il est établi d’abord que le Calycopeplus de M. Planchon, est la même 
plante que ïEuphorbia paucifolia; puis que cette plante, loin d’être con¬ 
stituée comme les autres Euphorbes, constitue un type d’organisation 
bien distincte, dans lequel la fleur femelle est terminale et centrale, pour¬ 
vue d’un véritable calice qui arrive à un grand développement, tandis 
que le calicule femelle des Euphorbes est un disque peu développé, à dé¬ 
veloppement très-tardif. Autour de la fleur femelle sont des fleurs mâles 
plus jeunes et appartenant a une génération ultérieure, réduites à une 
étamine, mais groupées elles-mêmes en cymes bipares. La fleur femelle 
est déjà bien développée, quand les fleurs mâles de la première génération 
commencent seulement à se montrer ; celles de la seconde génération 
n’existent pas encore. VEuphorbia paucifolia qui a les oiganes de végéta¬ 
tion des Àmperea, parait leur être aussi analogue quant aux organes de 
la floraison. La fleur femelle, centrale, est la même dans les deux types ; 
la fleur mâle seule est plus compliquée dans les Amperea. 

LXII. 

Généra Euphorbucea tria nova. 

{Adansonia, 1, 50, t. JII.) 

Ce sont les genres Payeria, Hasskarlia elSagotia, originaires, le pre¬ 
mier de Madagascar, le second de la Sénégamhio, le troisième de la Guiane 
fran ai e 






txm. 

Genbrüm novobum quatuor descriptio. 


Udaruoma, l, 18&, t. VII.) 

Ce sont les genres Wurtzia^ Gavarreiia^ Regmldia et Tannodia^ origi- 
naires, les deux premiers d’Amérique, le troisième de l’Inde et le dernier 
de Mayotte, où l’a trouvé Boivin, en 1850. 


LXIV. 

Species Euphorbiaceari'M. — Euphorbiacées de Bourbon, Maurice, 
Madagascar, etc. 

(Âdansonia, 1,139, t. V.) 

Description des Buphorbia et desCrofon de cette région, dont beaucoup 
d’espèces sont nouvelles, savoir six pour le premier de ces genres et vingt- 
sept pour le dernier. Établissement dans ce genre de trois sections nou¬ 
velles à peu près uniquement propres à l’Afrique orientale. 

Ce travail est terminé par des Remarques généraks sur les Croton de 
cette région. 

LXV. 

Species Euphorbiacearum.—Euphorbiacées de l’Afrique orientale (suite). 


Description de cinq espèces nouvelles du genre indien Suregada, de 
quatre Pycnocoma nouveaux. L’Aeatypha dentata Sciium. rapporté aux 
Roulera. Espèces nouvelles nombreuses des genres Macaranga, Tragia, 
Acalypha, Slillingia, etc. 



- 59 — 


LXVI. 

SpEOlES EuPHORBIiCEARDM. 

Eophorbucês de Bourbon, Maurice, Madagascar, etc. (S“ article.) 
(AAmsoni», II, 30.) 

Description de 4 StiUingia nouveaux. Les ffewfea de du Petit-Thouars 
rapportés nu genre Omphaka. Description du Wiehmiia, de 5 Sovia 
nouveaux, 1 Âmanoa, i Briedelia, 1 Uapaca, 1 Antidesma, 7 Kirganelia, 
1 Cicca et 1 ComRfia nouveaux. 

LXVII. 

Species Euphohbiacearum. Euphorbiacées de l’Afrioue australe. 

(Adtmsoma, III, 134.) 

Le genre Synadenium rapporté aux Euphorbia, dont 82 espèces sont 
énumérées. Le Ceratophorus est un Suregada. Descriptions d'espèces nou¬ 
velles des genres Cluytia, Atalgpha, Claoxylon, etc. 

Lxvni. 

Species Euphorbiacearüm. — Euphorbiacées de l’Afrique occidentale. 

Description des espèces du Sénégal, de la Guinée, etc., en général 
nouvelles ou fort peu connues, 

LXIX. 

Sua QUELQUES EopRorbiaoées ornementales. 


[Il 



— 60 — 

LXX. 

Spegiks Euphobbiacearum. — Euphorbiacées de l’Amérique austro- 
orientale. 



Description d’environ ‘200 espèces, dont un grand nombre de nouvelles, 
appartenant aux genres suivants: Jatropha, i; Ditaxis, 5; Manihot, h ; 
Micrandra, i ; Croton, 104 ; Mocroton, 3 ; Mabea, \ ; Bermrdia [Ade- 
lia , 7. Établissement du genre nouveau Cmuria, et des sections Argyro- 
glossum, Gonocladium, Hesperidium, Velamea, Stolidanthus, Cascaril- 
Hum, etc., dans legenre Croton. Les PAt'iÿra et 5erop%ton sont rapportés 
au Dilaxis, ainsi que le Caperonia. Les espèces ici décrites pour la pre¬ 
mière fois, sont celles qu’ont récoltées au Brésil, Gaudichaud et Auguste de 
Saint-Hilaire. 

LXXI. 

Species Euphorbiacearum. — Euphorbiaoées brésiliennes (2' partie). 

Description d’espèces nouvelles, appartenant aux genres suivants : Con- 
ceveiba, l ; Fera, i; Acalypha. 20 ; Alchornea, 1. Réunion des Spixia et 
Schismatopera au genre Fera, de VOdonteikma à l'Acalypha. 

Lxxn. 

Species Euphorbiacearum. — Euphorbiacées de l’Amérique austro- 
orientale (fin). 

Descriptions d’espèces nouvelles, appartenant aux genres suivants; 
Tragia, 1 ; Dalechampia, 12 ; Bia, 1 ; Slülingia, 6, Réunion aux Stillin- 
gia des Microstachys, Sarothrostachys, Gussonia, Gymnanlhes, SebasHania, 
etc. ; des Fassœa aux Bemardia (Adelia). Remarques générales sur les 
Stilli'ngiidées du Brésil. Description d’un Flüggea brésilien, de plusieurs 
Guarania (Bicheria) et Phyltanthus nouveaux. 



— 61 — 


Sus 


Lxxni. 

Mescurialis altesnifoua et sur 
Merourule. 


Le Mercurialis altmifolia de l'Encyclopédie n’est autre chose que le 
Tragia Mercurialis de Linné. Le genre Mierococca, établi pour cette 
plante, ne se distingue pas suffisamment des Mercuriales, au point de vue 
générique. Nous faisons également,rentrer dans ce genre, à titre de simples 
sections, les Erythrococca,, Seidelia, Adenocline, et même les Ckoxylon 
d’A. de Jussieu, qui ne présentent d’autre différence absolue que la taille 
et la consistance de leurs tiges. 

LXXIV. 

EüPHORBIACEÆ NEO-CALEDOmCÆ. 


M. Brongniart a bien voulu nous confier le soin de décrire les Euphor- 
biacés, presque toutes nouvelles de ce pays, envoyées en France par 
MM Pancher, "Vieillard, Deplanche, etc. Outre une quarantaine d’espèces 
entièrement nouvelles, on y trouve une section intéressante du genre 
Euphorbe {Decadenia), le genre nouveau Bocquillonia, et les sections 
Gmphidium et Phylloeahjoo de genre Phyllanthm. Ce travail estsuivi de 
remarques générales sur les Phyllanthées si singulières de la Nouvelle- 
Calédonie. 

LXXV. 

Mouographie des Phyllanthus. — Espèces de l’Amérique du Nord. 

C’est la première partie d’une monographie de ce genre, qui a été choisi 
comme devant être décrit le premier parmi les Euphorbiacées, parce qu’il 
est le plus nombreux et le plus compliqué de tous. Seize espèces de ce 
pays sont décrites, dont sept sont nouvelles. 




lAtn. 

MoroeRAME DEs PHtlLAWllUS (2‘ PA&TIe). ESPÈCES DES AnTILLÉS. 
(ii!ans<m«i, II, 18.) 

Description de treize espèces, dont trois sont nouvelles. 

LXXVII. 

Note sur le Stelechanteru. 

{Àdammia, IV, 147.) 


Lxxvin. 

Anthostemidearum sive EuphorbiaCearUb monandrarum descriptiosem qvje 
ra HERRARio Mdsæi parisiensis extant tertat h. Bâillon. 

LXXIX. 

Énumération des Eophorriacées cultivées dans les jardins botaniques 

{Adatuoma, I, 99.) 

LXXX. 

Énumération des Euphorbiacées cultivées dans les jardins botaniques 
DE Paris (2” partie). 


Description d’espèces nouvelles, appartenant, 2 au genre Pedilanthus, 
1 au genre Croton, l au genre Mappa, 1 au genre Slillingia. 



— 68 — 

LXXXI. 

Remarqubs sua une nouveule espèce pu genbe Mbnarda. 

{Adansonia, I, 65 ) 

Il y a à Madagascar uo autre Menarda que le pulehella. On fait ici, 
pressentir que la séparation générique des Phyllanthus et des. Menarda 
ne pourra être maintenue que d’une manière tput à fait artificielle. 

Lxxxn. 

Sur LES limites du genre Cephalocroton. 

{Adansonia, V, 146.) 

Tous les genres énumérés à côté du genre Cephalocroton {Et. gm. Eu- 
phorbiac., Ii6&-lil5) n’en doivent plus être considérés que comme des sec¬ 
tions. Tels sont les Ademgynum, Centrostylis, Adenochlœna, etc., qui, 
mieux connus aujourd’hui, n’en diffèrent que par le nombre variable des 
étamines, l’épaisseur des disques, la longueur des filets, etc., caractères de 
médiocre valeur. 


Lxxxin. 

Sur le genre Pierardia. 



Les Pierardia rapportés autrefois à tort aux Sapindacées,sont des Euphor- 
biacées biovulées. L’arille de leur graine est dû à un épaississement géné¬ 
ral de toute la surface de celte graine. Il y a des Pierardia à fleurs penta¬ 
mères et d'autres à fleurs tétramères. h'Adenoerepis de Blume est un 
Pierardia souvent hexandre. Plusieurs Hedycarpus se rapportent aussi 
à ce genre. Celui-ci appartient, non-seulement à l’Inde et à Java, mais 
plusieurs espèces croissent également dans l’Afrique tropicale. Deux es¬ 
pèces nouvelles, originaires de cette région, sont décrites à la fin de ce 
travail. 




— 6(1 — 


LXXXIV. 

MONOliKAPElIE DES BuXACEES ET DES bTYLÜCEREES. 

(Paris, grand in-8,1860.) 

Par suite des observations consignées dans la note précédente, l’auteur 
fut amené à donner une Monographie du nouveau groupe des Buxacées. 
Déjà, en effet, M. Agardh,.dans son Theoria systematis planiarum, et 
M. Guillard, avaient pleinement confirmé les particularités signalées relati¬ 
vement à la structure, au développement et à la direction des ovules. Ici 
l’organogénie complète des fleurs a été exposée en détail ; les tiges, les 
racines, les feuilles, étudiées de même dans leur structure et leur dévelop¬ 
pement. Le groupe des Buxacées a été séparé définitivement desEuphor- 
biacées pour être rapproché des Célastrinées, dont il constitue un dérivé 
inférieur en organisation par son apétalie et sa dilcinie. 

Les Stylocérées, qu’Adrien de Jussieu avait également rapportées à un 
autre groupe, ont été ramenées vers la famille des Buis, dont elles ne diffè¬ 
rent essentiellement que par l’existence d’une fausse cloison entre les deux 
ovules collatéraux d’une même loge. 

D’ailleurs, M. Duchartre a résumé ainsi qu’il .suit ce travail dans la partie 
bibliographique du Bulletin de la Société botanique de France , où il s’était 
chargé de ces sortes de comptes rendus ; 

<i LeBuis {Buxus sempenirens) étant pris naturellement comme type dos 
Buxacées, M. Bâillon commence par en faire une étude détaillée. La plupart 
des auteurs attribuent des stipules à cet arbrisseau ; en effet, vers l’origine 
des premières feuilles de ses jeunes rameaux, on voit quelques lames étroites 
et allongées qui ressemblent assez à des stipules; mais ces productions 
manquent au bas des feuilles placées plus haut sur le rameau, et cette cir¬ 
constance, ainsi que leur structure, montre que ce sont simplement des. 
feuillesimparfaites.Lafleurmâle,qu’onoararementbiendécrite»,aun calice 
de 4 folioles, dont deux latérales, une antérieure et une postérieure, on pré¬ 
floraison imbriquée, alternative; quatre étamines opposées au calice, égales 
entre elles, à filet libre, robuste, à peine infléchi et à anthère ovale, bilocu- 



— 65 — 

laire, introrse. Au centre de cette fleur « le réceptacle se continue sous 
forme d’un orjçane cuboïde », dans lequel l’auteur n’a pas vu d’indices de 
loges. U fleur femelle n’offre aucun vestige des organes mâles; elle ne 
comprend qu’un calice de 4 à 7 folioles, dont la disposition est variable, et 
un ovaire à trois loges alternes avec les trois foliotes internes du périantbe, 
surmonté de trois styles dans l’intervalle desquels sont trois saillies larges 
et déprimées, qui ne sont que les sommités des colonnes placentaires. Dans 
chaque loge sont suspendus deux ovules collatéraux, anatropes, avec te 
rapbé en dehors, et le micropyle regardant en dedans et en haut. Sur les 
graines et près de leur insertion se trouve un petit corps charnu, blanc, en 
collerette, qu’on appelle à tort une caroncule, car il provient du hilè et non 
du micropyle. — De la description dont nous ne venons de reproduire que 
tes particularités les plus saillantes, l’auteur tire les caractères qui né se 
rapportent nullement, dit-il, aux plantes de l’ordre des Euphorbiacées. Ce 
sont; les feuilles opposées, l’absence de suc laiteux, la présence de styles 
périphériques et non terminaux, l’existence de placentas distincts dans leur 
portion supérieure, le sens de b’anatropie des ovules et des graines, l’ab¬ 
sence decaroncule micropylaire remplacée par une production charnue om¬ 
bilicale; enfin la déhiscence de la capsule, dont les loges et les styles sé 
divisent en deux moitiés. Quelques autres genres viennent, selon l’auteur, 
se ranger à côté des Buis, dont ils diffèrent très-peu. Le Tricera S\v. 
n’est qu’un Buis à fleurs mâles pédicellées. Dans le Pachysandra Rich., 
l’analogie avec le Buis se montre dans les ovules, dans les styles également 
excentriques, dans les fleurs mâles, les fruits elles graines; les seules dif¬ 
férences consistent en ce que ce sont des herbes à rhizome souterrain, et 
que, dans leur inflorescence, les fleurs femelles sont au-dessous des mâles. 
Enfin les Sarcococca Lindl. sont des Pachysmdra ligneux et à fruit 
charnu. 

» M. Bâillon examine ensuite en détail tous les organes des plantes de la 
famille des Buxacées, telle qu’il l’a circonscrite. Pour la lige, il consacre un 
paragraphe à la structure des rameaux du Sarcococca, un second à celle des 
tiges du Buis, un troisième à celle des rhizomes du Pachysandra. 11 étudie 
ensuite, en autant de paragraphes : les racines ; les feuilles considérées dans 
leur tissu, dans leurs nervures et leurs décurrences; les bourgeons, l’infto- 



— 66 — 

réscence ; la fleur mâle et ses parties dans leur état adulte et dans leur déve¬ 
loppement; lafleurfemelleexaminée aux mêmes points de vue; enfin lefruit 
et la graine. Il ajoute un paragraphe pour les anomalies que lesBuxaoées 
ne présentent que rarement, un second pour les affinités de ces plantes, un 
troisième pour leur distribution géographique; enfin, dans un dernier, inti¬ 
tulé « Botanique appliquée », il rapporte les différents usages du Buis. Un 
appendice placé à la fin du mémoire.fait connaître la germination de cet 
arbrisseau. 

» Cette première partie de la monographie des Buxacées en forme un peu 
plus de la moitié. La description monographique de ces plantes vient en¬ 
suite. L’auteur présente d’abord la synonymie du groupe des Buxacées, te 
caractère ordinal qu’il lui assigne et le tableau des 3 genres qu’il y admet, 
distingués parce que les fleurs femelles sont au-dessous des mâles dans 
les Sareocoeca, qui ont une baie, et dans les Pachysandra, qui ont une 
capsule, tandis qu’elles sont terminales dans le genre Buams. divisé en 
2 sections: Eubuams, à fleurs mâles sessiles; Tricera, à fleurs mâles pédi- 
eellées. — La description des genres et des espèces est en latin, suivie par¬ 
fois d’observations en français. Voici le relevé des espèces nouvelles : 
Sarcococca saliafoKa, de l’Himalaya; 5. zeylanica, de Ceylan ; S. Hooke- 
riam, du Sikkim; S. Zollingeri, de Java. Buæus (Eubuœus) WalKchiam 
(B. bngifolia Jacqt, Jmtrn.), des monts Kumaon; B. madagascaricaDap.- 
Th., msc., des îles Mascareignes;]B. [Tricera) Yahlii, des Antilles; 
B. pukhella, de ta Jamaïque ; B. Purdiana, de la Jamaïque. 

» La monographie des Stylocérées est présentée parM. Bâillon à la suite 
de celle des Buxacées. Le genre Styloceras, qui compose à lui seul ce petit 
groupe, fut établi, eu 1824, par Ad. de Jussieu, pour deux plantes de 
l’Amérique équinoxiale qui avaient été rapportées par Humboldt et Bon- 
pland. Cet éminent botaniste le plaça non loin des Eœcœcaria, dans sa 5“ sec¬ 
tion des Euphorbiacées. Or les Styloceras n’ont, dit M. Bâillon, aucun carac¬ 
tère commun avec les Euphorbiacées, ni dans les organes de la végétation, 
ni dans les fleurs femelles, ni dans les fruits, ni dans tes graines. Leur pistil 
est tout à fait celui des Sarcococca et des Buis, avec cette différence que 
chacune des deux loges ovariennes est subdivisée par une fausse cloison ; 
mais les styles ne sont point du tout construits ni implantés comme ceux des 



— 67 — 

Euphorbiacées, et l’ovule est absolument constitué comme celui des Buxa- 
cées. « La position des Stylocérées dans la classification naturelle ne saurait 
plus être douteuse. Ce sont des Buxacées chez lesquelles les loges sont par¬ 
tagées par une faüsse cloison en deux demi-loges uniovulées... D’ailleurs le 
périanthe a disparu dans la fleur mâle et le nombre des étamines est indé¬ 
terminé. C’est donc un type inférieur aux Buis proprement dits, et qui sert 
d’intermédiaire entre eux et les Amentacées. Ainsi on pourrait, après les 
Illicinées, les Célastrinées, les Staphyléacées, les Ægoloxicées, les Buxacées, 
placer comme dernier terme de la série le petit ordre des Stylocérées. 
D'autre part, il vaudrait peut-être mieux ne faire des Stylocérées qu’une 
division des Buxacées », qui formeraient alors deux tribus : les Eubuxacées 
et les Stylocérées. — La monographie de ce petit groupe comprend les 
caractères du genre Styloceras avec sa synonymie, et l’histoire des trois 
espèces qui le composent. 

» Le mémoire de M. Bâillon se termine par l’explication des 89 figures 
que réunissent les trois planches, par une table des matières et par une 
table alphabétique des espèces. » 

LXXXV. 


De la famille des Aurantiacées. 



Il suffira ici de rapporter textuellement ce qu’adit decet ouvrage M. Du- 
chàrtre, dans le Bulletin de la Société botanique de France (tome II, 
p. 555) : 

« Ce travail est une monographie de la famille des Aurautiacées et des 
genres qui la composent, à laquelle l’auteur a joint un chapitre qu’appelait 
nécessairement la nature de son travail, relativement à l’utilité des espèces 
de ce groupe naturel; il comprend les sept chapitres dont voici le résumé 
ou le titre: 

» 1. Caractères généraux de la famille et examen comparatif des genres. 
— L’auteur examine ici successivement : 1“ les organes de la végétation, 
parmi lesquels les feuilles se font remarquer en particulier, soit par la 



dégraüiUion progressive qu’ellesprésentent, depuis le Bercera elCoolcia, où 
elles sont inaparipennées, ù folioles très-nombreuses, jusqu’aux Cilrtis et 
Gl!/cosmi,s, qîii les montrent, d’après l’expression admise, composées-unifo- 
liolées ; soit par l’abondance des glandes vésiculaires situées à des niveaux 
divers dans l’épaisseurde leur parenchyme; 2° lesorganesde la reproduc¬ 
tion, que M. Bâillon décrit en détail, pour la fleur, dans deux types (Tri- 
pimia trifoliala et Cür.us), dont il fait ensuite dériver les fleurs de tous les 
autres genres. En procédant de cette sorte, il rattache aux Cilrus les 
Feronia et les Æp/e, dont les premiers en diffèrent surtout par leur ovaire, 
seulement à 5 loges, tandis que les derniers s’en -distinguent par leurs éta¬ 
mines libres; d’un autre côté, il ramène au type du jTripAasta la généralité 
des autres genres de la famille. Ainsi un Bergen revient à un Triphasia k 
2 loges ovariennes uniovulées et à symétrie florale quinaire ; un Glycomis 
est nn Triphasia à symétrie régulièrement quinaire et diplostémone; les 
Limonia sont des Glycostms, mais à loges ovariennes contenant chacune 
deux ovules collatéraux suspendus; la superposition des ovules, avec la 
même organisation florale, donne les Cookia. Les Micromclum et Pnramt- 
gnya, également àdeuxovules superposes, se distinguent très-peu iesCookia. 
Les Sclerostylis ont l’ovaire triloculaire du Triphasia, mais avec deux 
ovules collatéraux dans chaque loge, et leurs autres verticilles floraux sont 
quinaires. Du Bergera on peut faire dériver les Murraya à ovaire également 
biloculaire, mais avec 2 ovules superposés dans chaque loge, et avec une 
symétrie quinaire, et les Rissoa, distingués par une symétrie quaternaire et 
les 2 loges ovariennes à 2 ovules collatéraux. Le Clausena a la fleur des 
Rissoa, avec li loges ovariennes à 2 ovules superposés. Le genre Atalaiid'a 
a le type floral du Sclerostylis, et ses .S ou k loges à 2 ovules collatéraux, 
mais avec des étamines monadelphes en tube continu. Enfin le genre 
Lmunga a l’ovaire du Rissoa, k 2 loges biovulées, mais avec les ovules 
superposés, et d’ailleurs ses étaminessont monadelphes. Le fruit est aussi 
décrit avec détail dans son organisation remarquable et] dans celle de ses 
graines singulières, chez les Cilrus, par leur fréquente polyembryonie, it 
souvent aussi par leur germination précoce dans l’intérieur du péricarpe. 

» II. Affinités de la famille et discussion des caractères génériques. — 
Sous le premier rapport, l’auteur adopte la place assignée par M. Brongniart 



— ég¬ 


aux Aurantiacées, entre les Méliacées et les Amyridées. Pour la distinction 
des genres, il admet, comme caractères de valeur supérieure, le nombre 
des ovules dans chaque loge ovarienne, celui des loges elles-mêmes, enfin la 
soudure ou l’indépendance des étamines. Il donne le tableau synoptique des 
genres d’après ces trois caractères, et ensuite il expose (III) les caractères 
détaillés de chacun d’eux en les rattachant à U sections : A. Triphasiées. 
Fleurs diplostémonées, loges de l’ovaire uniovulées. Triphasia Lour. ; 
Bercera Koenig; Glÿcosmis Correa. —B.Limoniées. Fleurs diploStémonées, 
2 ovules collatéraux dans chaque loge. Rissoa Arnott; ^clerostj/iis Blume ; 
Atalantia Corr. ; Limonia Linn. — C. Clausénées. Fleurs diplostémonées, 
2 ovules superposés dans chaque loge. Mwraya Koenig ; Clausma Burm. ; 
Cookia Sonnerai;? Paramignya R. Wight;? Micromelum, Blume; 
Luvunga Hamilt. — D. CIteEes. Etamines multiples, loges multiovulées. 
Feronia Corr. ; Ægle, Corr. ; Cürus Linn. 

» Des espèces, des variétés et des monstruosités. — Dans ce chapitre, 
court et à peu près uniquement historique, l’auteur admet tous les Citrus et 
leurs nombreuses variétés comme rentrant dans une seule espèce, le Cilms 
,4«ran(i«m. Il s’étend très-peu sur les monstruosités. 

» V. Organogénie de la fleur et développement de la pulpe et des glandes. 
— L’organogénie florale est présentée d'après le travail de M. Payer sur 
l’Oranger. Un paragraphe particulier est consacré au développement de 
la pulpe qui remplit les loges du fruit mûr de l’Oranger, et à celui des 
glandes vésiculeuses, remplies d’huile essentielle, qui existent en grand 
nombre à une très-faible profondeur sous la surface du péricarpe.Ce para¬ 
graphe intéressant renferme les résultats d’observations microscopiques 
propres à l’auteur ; il ajoute des détails curieux à ce que l’on savait déjà sur 
ce sujet. 

» VI. Distribution géographique. 

» VIL Indication des espèces utiles. — Nous nous contentons d’indiquer 
ces deux chapitres par leur titre. » 



— 70 — 


LXXXVI. 

MÉMOIBE SUB IA FAMILLE DES ReNONCWACÉES. 



«'M. Bailbn a ,reconnu, eu examinant de près toutes les Renonculacées 
pour la rédaction d’un nouveau Règne végétal, qu’on y pouvait observer 
encore des faits nouveaux qu’il essaye d’exposer dans ce travail. Il étudie 
surtout la disposition spirale de la fleur, la forme du réceptacle, la symétrie 
florale des Renonculacées, la déhiscence de leurs étamines, qu’on ne peut 
dire extrorses d’une manière générale et absolue, la soudure des carpelles 
chez les Nigelles. 11 arrive ensuite aux différences des Renonculacées et des 
familles voisines. 11 montre qu’il n’y a aucun -caractère invariable, pas 
même la situation relative des différentes régions de l’ovule, qui puisse 
servir à exprimer ces différences. Il conclut en disant que les Renonculacées 
sont plus souvent des plantes herbacées, mais les Dilléniacées presque tou¬ 
jours, et les Magnoliacées toujours des plantes ligneuses. Les Magnoliacées 
et les Renonculacées perdent leur calice après la floraison plus souvent 
que les Dilléniacées. Il est exceptionnel que les Dilléniacées soient dépour¬ 
vues d’arille, et que les Renonculacées en ofl'rent un rudiment. Lesovaires, 
les fruits et les ovules peuvent être organisés de la même manière dans 
les trois types; mais il n’y a qu’une Renonculacée qui possède un ovule 
suspendu avec le micropyle dirigé en haut et en dehors [CalUanlhenimm) 
à l’état adulte. Le Podophyllam olfre avec les Renonculacées les affinités 
les plus étroites. Quant au rapprochement imaginé par Adausoii entre les 
Renonculacées et les .Xlismacées, ce rapprochement, dit l’auteur, est des 
plus conformes aux méthodes dites naturelles, qui sont souvent obligées de 
négliger même un caractère de première valeur. 

» L’auteur s’occupe ensuite de grouper en séries les difléreuts genres de 
Renonculacées. 11 constitue ainsi quatre séries : la série des Ancolies, com¬ 
prenant les genres JîuileÿiaTourn., Xanlhorhiza Marsh.,IVtjellaTourn., 
Isopyrum L., Helleborus Adans. (includ. Coplà et Eranthis), TroUius L. 
(includ. Hegemone Runge, Calathodes J. Hook. et Thoms., Caltha L., 
TteiiiSpach et PsyclirophüahC.), Delphinium Tourn. (includ. AconUum 




L.); la série des Renoncules, comprenant les genres fiannncuJus Hall, 
(includ. OaoygraphisBmge, CeratocephalusMœmh, ^ptenosfemmaSt-Hil., 
rratüvelleria Fisch. et Mey., Hamadryas Comm., Casaka St-Hil., Ficaria 
Dill.), MÿoswrasDill., Anemone Hall, (includ. Hepatica Dill., Pubatilla 
Tourn., Adonis L., Knowltonia Salisb.), Callianthemum C. A. Mey.,? 
Hydrastist. ; la série des Clématites, comprenant les genres Clemalis L. 
(includ. Atmgene L. et Naravelia DC.), Thalictrum Tourn. (includ. Âne- 
monella Spach), Aelæa L. (includ. Cimicifuga L., Aclinospora Turcz., 
Botrophis Raf. et Püyrosperma Sieb. et Zucc.) ; enfin, la série des Pivoines, 
comprenant les genres Pæonia L. et? Crossosoma Nutt. » (Rev. Uhliogr., 
5oc. 6o(.,Xl, 131.) 


LXXXVH. 

Sur la fleur des Pivoines. 



Les Pivoines sont des Renonculacées périgynes, parce que leur coupe 
réceptaculaire est légèrement concave. Cette concavité est beaucoup plus 
prononcée dans les Crossosoma, Toutes les Pivoines ont un disque plus ou 
moins développé. Toutes les Pivoines ont un arille; de sorte que ce 
caractère ne suffit pas à distinguer les Dilléniacées des Renonculacées. Il 
y a enfin des Pivoines qui, au lieu d’une corolle quinaire, ont deux 
corolles à type ternaire répété. 

LXXXVIII. 

Sur le Knowltonia rigida. 

{Horticulteur françaiSt XV, 72, t. VI.) 


LXXXIX. 

ÉTUDES SUR LA FiCAIRE ET l’HéPATIQUE. 




La Ficaire a un calice et deux corolles. Les pièces de la corolle inté¬ 
rieure se dédoublent d’ordinaire. L’involucre de l’Hépatique et celui de 





— — 

[’Eranthis répondent par leur situation au calice de la Ficaire. Le double 
périaiithe pétaloïde de l’Hépatique se comporte comme la corolle de là 
Ficaire. L^Hépatique a primitivement cinq ovules, comme les Anémones, 
et non un seul. Mais l’Hépatique a des fleurs axillaires, comme l’ont déjà 
démontré MM. Irmisch, Braiin, etc. Les nectaires de VEranthis, et par 
suite ceux desHèllébores, desTroKius, etc., sont des staminodeset non des 
pétales. Les Adonis de la section Consüigo ont, suivant les carpelles qu’on 
observe, et l’époque de leur évolution, l’ovule ascendant ou descendant, 
sans que cela puisse avoir d’importance, au point de vue taxonomique. 

XC. 

Note sur la fleur des Schizandrées. 
lAdansmia, HI, 42.) 

Les anthères des Kadsura sont intronses, et non extrorses, comme on 
les décrit. Beaucoup de Schizandrées, .considérées comme dioïques, de¬ 
viennent monoïques avec l'âge, les fleurs femelles n’apparaissant que sur 
les vieux pieds. Il y a des fleurs accidentellement hermaphrodites. Le Cosbœa 
est rapporté au Sehisandra. 

XCI. 

Note sur le Bcrasaia. 

Placé par plusieurs auteurs, notamment par M. Decaisne, dans la 
famille des Lardizabalées, le Burasaia a toute l’organisation florale des 
vraies Ménispermées, et doit leur être rapporté, malgré la forme de ses 
feuilles. MM. Bentham et Hooker ont récemment, dans leur Généra plan~ 
tarum, admis cette manière de voir. 

XCIL 

Note sur quelq.ues Xïlopia africains. 

{Adansonia, IV, 140.) 

, « M. Bentham, dans son mémoire sur les Anonacées africaines, n’a 

décrit que trois espèces de Xxjlopia. M. Alph. De Candolle, dans son Mé- 



moira sur la famille des Anonacêes, et en particulier sur les espèces du 
pays des Birmans, inséré dans les Mémoires, de la Société de,physique et 
d’histoire naturelle de Genève pour 1S32, a fait copnaüre encore le 
X. oxypetala parmi les Xylopia africains. M. Bâillon ,crojJ, en outre, 
qu’il faut faire rentrer dans le genre Xylopia les Anona grandiflora Lam. 
et A. amplexicaulis Uni. Parmi les autres espèces africaines du genre 
Xylopia, qui lui paraissent nouvelles, il place une espèce recueillie par 
Du Petit-Thouars, probablement à Madagascar, et qu’il nomme X. bux'i- 
folia, une deuxième recueillie en I8I1I dans l’intérieur de celte lie par 
M. de Laslelle, X. Lasielliana. une troisième nommée par Boivin dans 
ses notes X. Richardi, et dédiée à Richard, directeur du jardin botani¬ 
que de Bourbon. Peut-être YUnona oxypetala Dnn. doit-il encore être 
ajouté aux précédentes espèces. » (Rev. bibliog. Soc. bot., XI, 253.) 

XCIII. 

Bëvision des Acacia, médicinaux. 
tAdansonia, IV, 84.) 

On compte jusqu’à cinquante Jcacia employés en médecine. Mais un 
grand nombre d’espèces désignées sous ce nom générique, appartiennent 
réellement à d’autres genres, tels que les Mimosa, Albizzia, Stryplinoden- 
dron, Inga, f'achellia, etc., et sont ici rapportées chacune à son genre 
véritable. Les caractères botaniques des espèces utiles, l’organisation de 
leurs fleurs et de leurs fruits sont décrits, dans ce travail, d’après des ob¬ 
servations directes et précises. 

XCIV. 

Observations sur les affinités du genre Barbeuia. 


Le genre Barbeuia, établi, en ISll, par Dupetit-Thouars et rapporté 
successivement aux Rosacées, aux Bixacées et aux Euphorbiacées, pré¬ 
sente tous les caractères des Pliylolaccées, avec celte légère différence, 



- 71 - 

dans son gynécée, que les deux carpelles qui le constituent y sont réunis 
dans leur portion ovarienne, et qu’une fausse cloison, descendant de son 
sommet, isole dans des compartiments séparés les deux ovules ascendants 
et campulitropes qu’on y observe. De là l’établissement,, dans cette fa¬ 
mille. d’une section spéciale, celle de Barbeuiées. 

XCV. 

Sua LE Bosqueia, genre inédit de la famille des Artocarpées. 

Le Bosqueia, genre nommé, mais non publié par Du Petit-Thouars, a 
les stipules des Artocarpées dont il présente également l’organisation 
florale. Il répond au Trimatocoecus de Pœppig et Endlicher, par sa fleur 
femelle unique, enfoncée au centre d’un réceptacle et produisant ultérieu¬ 
rement un fruit infère. Mais ces fleurs sont monandres, au lieu d’être for¬ 
mées, comme celles du Trimatocoecus, d’un périanthe et d’un plus grand 
nombre d’étamines. Ce qu’il y a de plus remarquable dans ce genre, c’est 
que l’inflorescence parait terminale à l’àge adulte, tandis qu’en réalité, 
elle s’est formée sur le côté d’un rameau; et ce n’est que par un accrois¬ 
sement très-inégal du pourtour du réceptacle de l’inflorescence, que 
celui-ci parait ultérieurement presque régulier. Le fruit très-singulier des 
Bosqueia parait d’abord succéder à un ovaire infère ordinaire ; il est plutôt 
l’analogue d’une petite figue dont le sac réceptaculaire ne contiendrait 
qu’un akène au lieu d’un grand nombre. Ce genre, jusqu’ici limité à 
l’Afrique tropicale et à Madagascar, renferme plusieurs espèces. Les deux 
premières connues, les B. Thouarsiana et Boiviniana, sont décrites et figu¬ 
rées dans ce travail. 

XCVl. 

Description du nouveau genre Grisollea. 



Ce nouveau genre de la famille des Mappiées, dédié à notre célèbre 
collègue de la Faculté de médecine de Paris, le professeur Grisolle, est un 




— 75 — 


de ceux dont on peut dire : « On découvre de temps à autre des types vé¬ 
gétaux dont la grande importance, au point de vue des théories taxonomi¬ 
ques, consiste en ce qu’ils relient entre elles plusieurs familles bien dis¬ 
tinctes et même très-élôignées les unes des autres dans les classifications 
revues. » Le GrisoUea est en effet voisin : des Cassinopsis qui sont des 
loacinées, des Phytoorénées par ses fleurs diclines, des Corynocarpüs par 
son gynécée, c’est-à-dire qu’il sert à la fois de lien entre les Térébintha- 
cées, les Artocarpées et les Ilicinées, ou entre trois familles qui appartien¬ 
nent l’une à la polypétalie, l’autre à l’apétalie, et la dernière à la mono- 
pétalie. Ce genre n’est représenté jusqu’ici que par une espèce originaire 
des îles orientales de l’Afrique; c’est le G. myrianlhea, dont ce,travail 
donne l’analyse des fleurs, des fruits et des graines, et la structure anato¬ 
mique des tiges. 

XCATI. 

Note sue dne nouvelle espèce de Sorocea. 

(XAmsonio, I, 2i2, L VL) . 

La plante, distribuée comme une Euphorbiacée, dans les collections de 
M. Spruce, sous le nom de Sapium ilicifoKum, n’appartient ni à ce genre, 
ni même à cette famille. C’est une espèce nouvelle d’Artocarpée, le 
Sorocea Klotzschiam. 11 en est, peut-être, de même du S. ilicifolium, 
cultivé depuis longtemps dans les jardins et qui n’y a jamais fleuri. 

xcvm. 

Première étude sur les Mappiées (Icacinées). 

{Adansonia, 85A.) 

« M. Baillon'a cherché à établir, dans son Second mémoire sur les Loran- 
thacées, que les loacinacées, rapportées par quelques auteurs aux Ilicinées, 
par plusieurs autres aux Olacinées, doivent plutôt être réunies aux pre¬ 
mières. Il suit dans cette voie la route tracée par M. Miers, qui concluait 
seulement à la parenté des deux familles que M. Bâillon propose de bon- 



— 76 — 


fondre. Il adopte éjïalenient l’opinion de l’auteur anglais, relativement à 
la parenté des Icacinacées avec les Phytocrénées, qui en représentent le 
type un peu amoindri, dicline, et quelquefois monopérianlhé. 11 commence 
par étudier ce dernier groupe, c’est-à-dire le Natsiatum herpeticurnWam., 
les Adelfinthus, qui doivent en être rapprochés, quoique MM. Bentham et 
J. Hooker lésaient relégués dans lesSantalacées, le Phytoerene, qui sert 
de transition entre ces deux derniers genres, \'Iodes malis Bl. qui ne diffère 
essentiellement du Phytoerene que par son mode d’inflorescence, et le 
Sarcostigma, par lequel M. Miers a si heureusement relié les Phytocrénées 
aux Icacinacées. 

Passant ensuite à cette dernière famille, l’auteur démontre que le nom 
à'Icacina doit être supprimé, et qu’on doit lui substituer le plus ancien 
de ses synonymes, Mappia Jacq. Les Icacma pourraient toutefois être 
distingués à titre de section dans le genre Mappia, par leur inflorescence. 
Les ^podÿtesont des Mappia à fruit gynohasique. L’auteur étudie longue¬ 
ment le genre Leplaulus, créé par M. Bentham pour une plante fort cu¬ 
rieuse, recueillie près du fleuve Bagroo par M. G. Mann, et dont il décrit 
une espèce nouvelle, le Leptaulus cüroides, de Madagascar. Il examine' 
ensuite le type des Pennantia et celui des Emmolum. » {Rev. bibliog. Soc. 
6o(.,'XI, 131.) 

XCIX. 

Description d’une Flacourtianée nouvelle. 

Les Eriudaphus, rapportés depuis par plusieurs auteurs aux Scolopia, 
ne sont pas des Homalinées, comme le pensait Nees d’Esenheck, mais 
simplement des Bixacées ou Flacourtiées. La description donnée de \’E- 
Clossianus, prouve que le type floral est extrêmement variable dans ce 
genre ; et, quant aux rapports des Flacourtianées aux Homalinées, la con¬ 
clusion est que, malgré une différence de forme dans la portion réceptacu- 
laire de leurs fleurs, ces deux familles « doivent être placées bien plus 
près l’une de l’autre qu’on ne le suppose généralement. » 





c. ... /'. 

Sur la floraison d’un Livistona australisv i ■ 

(Vorliculltur français, XIV, 108.) 

Cl. 

Rem.arques sur l’organisation florale de quelques Bruniacëes 

ET SUR LES AFFINITÉS DU GENRE GrUEEIA. . : 

Miiimsom'o, III, 318, t. V.) ■ 

Les ovules des Bruniacées sont, avant tout déplacement dû à un phéno¬ 
mène de torsion, suspendus avec le mioropyle dirigé en haut et eii dehors. 
C’est l’opinion contraire qui était, jusqu’ici, adoptée. On admettait aussi 
que les Brunia sont dépourvus de stipules, tandis que ces organes existent, 
quoique peu développés, à la base des feuilles. Les Raspalia ne diffèrent 
pas, comme on l’avait pensé, des Brunia par l’insertion hypogynique de 
leur calice, tandis que celle de leur corolle serait épigynique. Le calice a 
la même insertion dans les deux types ; mais c’est par suite d’une mutila¬ 
tion que la couche superficielle de l’ovaire, arrachée avec les sépales, a 
passé pour faire partie du calice lui-même. La cloison qui sépare l'une de 
l’autre les deux loges ovariennes des Bruniacées est souvent incomplète ; 
la placentation devient alors pariétale, ce qui est un trait de plus de ressem¬ 
blance entre les Bruniacées et les Saxifragées. Quant aux Grubbia, que 
l’on a placés quelquefois parmi les Bruniacées, ils ont un périaiithe simple, 
qui est, peut-être, unecorolle. Leur ovaire infère est toujours réellement 
biloculaire, et leurs ovules suspendus, au lieu d’avoir le mioropyle inté¬ 
rieur, le montrent dirigé en dehors, comme dans les Ombellifères, les 
Araliacées, le Bursinopetahm et le Curtisia. 

CIL 

Sur un nouveau genre de la famille des Mvrtacées. 

La plante cultivée dans nos jardins botaniques sous le nom de Bœckea 
camphorata, n’a qu’une loge à l’ovaire, comme les Chamelaùciées. Elle 



— 78 — 


appartient donc à ce groupe où nous l’avons réintégrée, sous Ip nom d’£re- 
mopyxis. Mais ce nom doit être supprimé, car il ferait double emploi avec 
celui de Tryplomene proposé par Endlicher. 

cm. 

Observations sur l’Antholoma Labill. 

Deux opinions étaient en présence, relativement à la place que doit 
occuper YAntholoma dans la classification. MM. Bentham et Hooker rap¬ 
portaient aux Sapotées ce genre que M. Planchon attribuait aux Tilia- 
cées. Nos analyses et les figures que nous donnons de l’Antholoma, d’après 
une fleur rapportée de la Nouvelle-Calédonie par Labillardière lui-même, 
prouvent que la dernière de ces deux opinions est seule acceptable et que 
les Antholoma sont voisins des Elœocarpus, 

CIV. 

Observations sur les affinités du Macarisia et sur l’organisation 

DE QUELQUES RuIZOPHORÉES. 

{Adansonia, III, 15, t. IL) 

Le Macarisia avait été placé par MM. Hooker et Bentham, sur la foi de 
M. Planchon, dans le groupe des Ixonanlhées, de la famille des Lins. Il 
est démontré ici que l’organisation de ce genre en fait une Rhizophorée à 
ovaire libre, c’est-à-dire une Cassipourée. MM. Bentham et Hooker se sont 
ultérieurement ralliés à cette opinion. A l’occasion iaMacarisia, l’organi¬ 
sation des principaux genres de cette famille est l’objet de nouvelles études, 
notamment VAnisophyllea dont une nouvelle espèce est décrite, r,^ni(ru- 
Iheria qui est ramené au IVeihea, l’Haplopetalum et le Crossostylis. 

CV. 

Description d’un nouveau genre de la famille des Humiriacées. 

Udammia, II, 262.) 

La famille des Humiriacées est très-naturelle et peut-être devrait-elle 
être réunie en un seul genre. Si toutefois on admet la manière de voir des 



— 79 — 

botanistes qui Tondent, dans cette famille, des genres sur l’union ou l’in¬ 
dépendance des étamines, il faut bien en faire un pour une plante qui, 
n’ayant que dix étamines, comme les SaccogloUis, se caractérise par l’en¬ 
tière liberté de ces filets, comme les Vantanea d’Aublet. C’est ce que 
nous avons fait pour le Djmga du Gabon, plante utile que M. Aubry- 
Lecomte a, le premier, fait connaître en Europe et que nous avons, pour 
cette raison, appelée Aubrya gabonemis. 

CVI. 

Note sur les apeinités des Rhodoleia. 

(Adansmia, III, 178.) 

Les Rhodoleia, dont les atfinités sont discutées, et qui sont rapportées 
parles uns aux Hamamélidées, par les autres aux Diosmées, ont un ovaire 
uniloculaire, avec deux placentas pariétaux multiovulés, qui se regardent 
sans se rejoindre. Nous en avons conclu que le Rhodoleia devrait se placer 
parmi les Saxifragées arborescentes dont sa fleur présente d’ailleurs tous 
les caractères. 

cvn. 

Recherches sur l’Aucoba et sur les rapports avec les genres 
ANALOGUES. 

Les types amoindris réunissent et confondent les espèces et les genres. 
11 en est de même pour certaines familles. Le genre Aucuba, dicline, 
réduit à un ovaire infère, uniloculaire, uniovulé, représente une Cornée 
amoindrie, dégénérée. Toutes les familles voisines comprennent un ou 
plusieurs types analogues qui sont : le Mastiam et VArthrophyllum pour 
les Araliacées; le Griselinia auquel est réuni le Decostea, comme simple 
section; les lUigera pour les Gyrocarpées; l’Hernandia rapproché à tort 
des Thymélées ; le Gronovia et le Cevallia pour les Cuourbitacées ; VA lan- 
gium et le Rhytidandra peuples Alangiées; le Nyssa pour les Combréta- 



cées; 1 Wppur/s pour lesHaloragées; le Cynomorium; VHedyosmumfom 
les Chloranlhacées; les Platanes; les Viburnum pour les Caprifoliacées. 
Tous ces genres ont, en effet, un ovaire infère, uniloculaire, avec un seul 
ovul ordinairement suspendu. 

Ce travail renferme des analyses rectifiées des Nyssa, des Hermndia, 
des Cevallia et des Gromvia; un groupement nouveau des Alangiées con¬ 
sidérées comme section des Cornées, et l’opinion que les Hernandiées sont 
simplement des llligérées à fleurs dont les sexes sont complètement 
séparés. 


cvm. 

Sur l’orgauisation et les affinités du Dissolæna verticillata. 

{Adansonia, IV, 378, t. XII.) 

Ce genre rapporté par Loureiro à la famille des Apocynées, en fut 
exclu par MM. de Candolle père et fils qui l’attribuèrent aux Verbénacées. 
La plante, qui fleurit dans nos serres et qui n’avait pu être reconnue, doit 
être replacée là où l’avait mise Loureiro, c’est-à-dire parmi les Apo¬ 
cynées, dans la tribu des Plumériées et. la .sous-tribu des Tabernæ- 
moutanées. 


CIX. 

Observations sur l’organisation des fleurs dans le genre Apocïnu.«. 

Les Apocynées sont classées parmi les Monopétales hypogynes. Cependant 
il est démontré ici que les Apoeynum ont le réceptacle floral concave et 
l’insertion périgynique. C’est encore un exemple du peu de valeur do 
l’insertion pour la détermination des affinités naturelles. En même temps 
les anthères de certains Apoeynum sont remarquables par l’avortement 
partiel de leur demi-loge extérieure; fait qui rappelle en partie ce qn’on 
observe dans les étamines des Berberis. 



— 81 — 


■ ■ ex. . , 

Premier mémoire sdr les LORARtiiACÉÉs. 

(Adûïisoma, II, 330, t. IX, X.) 

« L’auteur examine successivement, dans ce travail, la structure florale 
des Myzodendron, Arjona, Qilinchamalium. Suntalum, Th^sium, Stoti- 
dia, Lavalka, Henstowta, Emcarpm, Cansjera, Anthobolus; Viscum, 
et de quelques autres plantes appartenant à différentes familles (Santala- 
cées, Ljriosmées, Olacinées, Myzodendrées. Opiliées, Cansjérées, Antho- 
bolées, Loranthacées), qu’il réunit sous le nom d’Ordre des Loranthacées. 

On sait que l’ovaire adhérent des üyzodendrmi est partagé à sa base 
en trois loges incomplètes et entouré d’un bourrelet saillant. M. J.-D. Hoo- 
ker a regardé ce bourrelet comme la portion supérieure libre, mais très- 
courte, d’un calice soudé plus bas avec le pistil. Pour M. Bâillon, cet 
organe n’est qu’un épaississement de l’axe pédonculaire, analogue au 
calicode des Santalacées, il se développe tardivement, après l’apparition 
des ovules. Quant aux cloisons incomplètes, elles sont pour lui de nature 
axile, et tiennent à un inégal accroissement des différentes portions du 
réceptacle. — L’ovaire de Y Arjona tuberosa Cav. occupe également la 
concavité d’un réceptacle en forme de bourse, dont le bord s’épaissit il un 
certain âge en un bourrelet charnu. Mais Y Arjona possède une fleur her¬ 
maphrodite et périanihée, tandis que colle du Myzodendron est unisexuée 
et nue. Le Quinchamalium est très-voisin de YAijàna ét pOhrralf lui être 
réuni : son ovaire présente trois cloisons incomplètes alternant avec les 
ovules, comme dans les genres précédents. — L’enveloppe florale unique 
des Arjona et dos Quinchamalmm est une corolle, parce que’(butes les 
pièces de ce vertioille se développent simultanément. L’auteur éténd celte 
inierpretaiion aux fleurs des Cornées, Arapélidées, Santalacées ét Loran¬ 
thacées; rappelant que M. Miers l’avait déjà adoptée pour lés Olacinées, et 
M.Alph. de Candollepour les Santalacées. M.Baillon a étudié l’organogénie 
du Santalum album sur des rameaux de tout âge recueillis daus l’Inde, 
aux environs do Bombay, et arrivés à Paris trois mois après, pSrfaitement 
conservés dans l’alcool. Il a confirmé par ses propres recherches l’évolu-. 



- 82 - 

tion du sac embryonnaire du Santalum, décrite il y a une trentaine d an¬ 
nées parGrifTith. Continuant ses études par l’examen des Tlmhtm, il y 
a constaté, comme sur le Santalum, l’apparition simultanée des folioles 
périgoniales, ainsi que sur les Choretrum, les Uyoschilos, les Leplome- 
ria, les Otax à fleurs distiques, les Groutia du Sénégal, VOpilia acumi- 
nalo Wall, et les Leptonium qui sont congénères. 

Il donne ensuite des détails sur le calioode, regardé par quelques bota¬ 
nistes comme un calice, et qui n’est qu’un épatement pédonculaire, le¬ 
quel se remarque dans la plupart des familles étudiées dans ce mémoire. 
Quelquefois il existe plusieurs bourrelets semblables, ce que l’on voit net¬ 
tement, dit l’auteur, dans le jeune fruit de l’Anacolosa Pervilleam, 
espèce de Madagascar. Poursuivant les considérations qu’il vient de pré¬ 
senter sur l'asépalie, M. Baiilon arrive àregarder comme asépales, non- 
seulement les Momtropa, mais une partie des Rubiacées et la plupart des 
Synantbérées, Dipsacées et Valérianées. Selon lui, la portion adhérente 
du calice n’a jamais existé dans les genres Galium, AsperiUa, Rubia. Les 
six folioles qui se trouvent en dehors de la corolle du Sherardia pour¬ 
raient bien n’être, dit-il, que deux bractées opposées, Accompagnées 
chacune de leurs stipules latérales. Les collerettes qui entourent la corolle 
des Patrinia, des Valeriana, des Centranthus et des Fedia, et qui sont 
parfois décomposées en un grand nombre de languettes, sont encore pour 
lui des bourrelets pédonculaires analogues à ceux des Loranthacées. 

M. Bâillon décrit ensuite deux nouveaux genres : Stolidia et Lavatlea. 
Le Stolidia (St. Mauritiana H. Bn) est fondé pour des plantes rapportées 
de l'ile Maurice par Commerson ; il se distingue dans les Olacinées par sa 
corolle à préfloraison imbriquée. Le genre fMvullea ( L. philippinensis 
H.Bn, Cum. exsicc. n° 848 ; t. zeylanica H. Bn, Thw. exsicc. n" 1237), 
est une Santalacée à fleur pentamère complète. L’auteur montre plus loin 
les rapports étroits qui unissent les Santalacées aux Olacinées. Les Strom- 
bosia peuvent être définies des LavaUea à ovaire supère, et les Henslowia 
des LavaUea asépales. U Henslowia heterantha appartient bien 4 ce der¬ 
nier genre. 11 s’occupe ensuite des Exocarpus, au sujet de l’ovaire des¬ 
quels M. De Candolle était demeuré dans une grande indécision; 
M. Baiilon considère comme des sacs embryonnaires de longues cellules 



— 83 — 

qui se développenl au fond de la loge ovarienne, se dégageant du centre 
d’autres cellules hasiliaires qui forment un ovule dressé et réduit au 
nucelle. Ces sacs embryonnaires s’allongent de bonne heure par leur 
pari ie supérieure, et chacun d’eux constitue ainsi un grand poil creux 
qui s’insinue de bas en haut dans l’orifice supérieur do l’ovaire ; c’est dans 
son extrémité supérieure que l’embryon,se forme. — Le genre Camjera 
ne diffère des Opilia que par un caractère de minime valeur, la forme 
du réceptacle floral. Les Opilia, et par conséquent les Groutia, ont aussi 
le gynécée des Cansjera. — L’organisation du Lepionurus silvestris Bl. 
est encore très-analogue. — Les Anthobolus, malgré leurs grandes affi¬ 
nités avec les Exocarpus, qui les rattachent aux Santalacées, sont intime¬ 
ment unis aux Loranthacées. Leur ovaire se compose en effet d’une paroi 
épaisse renfermant une cavité centrale de la base de laquelle naît, dans un 
bouton I rès-jeune, un petit mamelon conique formé de cellules lâche¬ 
ment unies et plus allongées dans le sens vertical que transversalement. 
M. Bâillon signale l’analogie de la fleur femelle de ï Anthobolus avec « le 
prétendu ovule nu des Conifères». L’auteur discute ensuite les différentes 
opinions produites sur la structure de l’ovaire du Gui ; il se range à celle de 
M. Hofmeister. » {Rev bibliog. Soc. 6ot. X, 112.) 

CXl. 

Deuxième MÉMOiaE sua les Loranthacées. 



« Nos lecteurs ont vu, dans le précédent numéro du Bulletin, l’analyse 
du premier mémoire de M. Bâillon sur le même sujet; ils savent que 
l’idée-fondamentale qui préside'•à ces recherches est l’assimilation des 
Loranthacées, Santalacées, Olacinées, Anthobolées, etc., et leur fusion en 
un ordre unique qui porte le nom d'Ordre des Loraulhacées. L’auteur con¬ 
firme cette opinion par de nouveaux détails dans son deuxième mémoire. 
Il montre que la seule différence qui sépare les Olacinées des Santalacées 
est relative à la situation de l’ovaire, qui est en général supère dans la 
première de ces familles et infère dans la seconde. Mais il rappelle que 
des différences analogues existent dans les Primulacées et les Saxifrages 



et qu’elles y sont acceptées pav tous les botanistes ; et d’ailleurs il prouve 
que la famille des Olacinées elle-même renferme aussi des types à ovaire 
infère, par exemple les Liriosma. 11 ajoute quelques détails sur le Pseu- 
daieia de Du Petit-Thouars, qui doit, selon lui, rentrer dans le genre 
Olax, ainsi que l’a dit Willdenow ; il s’occupe aussi du genre eisteria L., 
qui possède un ovaire trilooulaire, et indique les transitions nombreuses 
qui relient ce genre aux Olax, et aux Thesium à ovaire uniloculaire et à 
placenta central libre. Les Ximenia sont pour lui des lleisteria h Heur 
létramère. Ces plantes ont des étamines en nombre double de celui des 
pétales; ce nombre devient quadruple dans un genre nouveau que l’auteur 
décrit et figure sous le nom de Coula. C’est le nom qui est donné è ce 
végétal par les indigènes du,Gabon, d’où M. Aubry-le-Comte en a rapporté 
des échantillons fleuris et des fruits en 1815 ; le Coula est un arbre très- 
rmiiarquaule, dont les graines fournissent un aliment recherché. L’espèce 
unique est le Coula edulis H. Bn. 

L’auteur revient ensuite sur l’idée principale qui préside à ses recher¬ 
ches, à l’occasion du Généra plantarum de MM. Bentham et J. Hooker, 
qui placent les Olacinées dipérianthées bien loin des Santalacéesà fleurs 
monochlamydées. 11 puise dans l’organisation du genre ScAœp/ïa un nou¬ 
vel argument pour confondre entièrement les deux ordres des Santalacées 
et des Olacinées. 11 s’occupe ensuite du genre Jodina Hook. el Arn. 
{Hex ruscifolia Lam.) qui doit, suivant lui, faire partie du groupe des 
Opiliées. 

11 cherche ensuite sur quels caractères absolus on pourra établir des 
coupes secondaires dans le grand ordre des Lorauthacées. Il en vient à 
diviser cet ordre en quatre sous-ordres, d après la direction des ovules 
et la situation de l’ovaire: les ovules ascendants caractérisent les Loran- 
thinées, dont l’ovule est tantôt adhérent ILorantlms, Viscum), tantôt 
libre (Exocarpus, Anthobolus); les ovules descendants caractérisent les 
Santalinées, dont l’ovaire est également tantôt adhérent {Myiodendron, 
ScRœpfia, Anacoiasa, Lavallea, Henslowia, Liriosma, Pyrularia, 
Thesium, Santalum, etc.), et tantôt libre {Heisleria, Cathedra, 
Strombosia, Stolidia, Olax, Cervanlesia, Opilia, Lepionurus, etc,). 

L’auteur étudie ensuite un certain nombre de genres qui doivent être 




séparés de l’ordre des Loranthacées : le Tripetaleia Sieb. et Zuco. qui se 
rapproche des Êriciuées ; le Bursinopetaium Wight, qui doit trouver sa 
place dans les Araliaoées, en prenant le nom de Mastixia Blume ; le 
Balunites, qui a de l'aftiDité avec les Méliaoées. Les Icacinées, qui, selon 
M. Bentham, forment une tribu de l’ordre des Olacinées, en sont fort 
éloignées par M.Bâillon, qui regarde le périanthe, la situation desétamines 
et la structure du gynécée comme fort différents dans ces deux familles, 
et considère les Icacinées comme faisant partie de la famille des Ilicinées ; 
il entre à ce sujet dans une longue discussion. 

Les Loranthacées, ainsi limitées par l’auteur, se rattachent aux Cor¬ 
nées par les genres à ovaire infère et à loges presque complètes; aux 
Bicinées par les types à ovaire cloisonné également d’une manière 
incomplète, mais libre et supère ; aux Gymnospermes par les genres à 
ovule unique, dressé sur un placenta central et réduit au nucelle ; enfin, 
parmi les familles à corolle gamopétale, principalement aux Primulacées 
et Myrsinées, dont le périanthe est tantôt supère, tantôt infère, dont la 
placentation est centrale-libre et dont les étamines sont en général 
oppositipétales. 

Ce travail est terminé par une révision des genres connus de l’auteur, 
dans laquelle il supprime, autant que possible, l’exposition des caractères 
décrits partout, pour lesquels il renvoie en général au Prodromus, aux 
suppléments de ’Walpers et au Generp. d’Endlicher. Cependant cette expo¬ 
sition occupe vingt-quatre pages ; l’auteur y caractérise les genres Viscum 
Tourn., Arceuthobium Bieb., Castræa Saint-Hilaire, Tupeia Cham, et 
Shlecht., Gina/loa Korlh-., Eubrachion Hook. f., Phoradendron Nutt., 
Eremolepis Griseb.,Lora»(AtisL., AnthobolusR.Br., ÊTOcarpusLabill., 
avec deux espècès nouvelles : E. sandwicensis et E. Camarinœ; Myzo- 
dendron Banks et Sol., Antidaphne Poepp, et EndL, Sanlpluw L., C0I- 
poon Berg., Osyris L., Therivmh,, Tliesidium Sond., Chorelrum B.Br. 
LeptomeriaR. Br., MyoschilosR. etPav., JVonodeaBanks, Arjotiaùa., 
Quinchamaliim Mol., Pyrularia Mich., Henslowia Bl., Buckleya Torr., 
Lavallea H. Bn, Scimpfia Schreb., Ampolosa BL, avec une espèce nou¬ 
velle A. PerviUeana; Eirioma Poepp. et EndL, Qlax L., avec iieqf 
espèces nouvelles: O. PerviUeana, O.? ypercina, O, peiuacernm, O.? 





Bivoiniana, 0. Bernieriana, 0. Breonn, 0. fliouarsiana, O. gambe- 
cola ei 0. muUiflora; PtgchopetalumBealh., Cathedra Miers, Agonan- 
dra Miers, Opilia Roxb., avec deux espèces nouvelles: O. manUlana et 
O. Ctimingiana ; Cansjera Juss., Champereia Griff., Cervantesia R. et 
Pav., Jodim Hook. et Arn., Aptandra Miers, Slrombosia Bl., Stolidia H. 
Bn, Heisteria L. et Ximenia Plum.» {Hev. bibtiog. Soc. bol. X, 165.) 

CXII. 


Études sur l’herbier du Gabon du Musée des colonies françaises. 



Le Musée des colonies françaises possède un herbier dont le volume est 
encore peu considérable, mais dont l’importance est déjà grande, aussi 
bien pour la botanique scientiflque que pour les applications pratiques. 
Les plantes du Gabon, nouvelles en grande partie, recueillies par 
MM. Griffon du Bellay et Duparquet, présentent un grand nombre de 
faits nouveaux et intéressants. Jusqu’ici, celles qui appartiennent aux 
familles des Dilléniacées, Anonacées, Ménispermées et Légumineuses ont 
été décrites, et leur description a donné lieu à un grand nombre d’obser¬ 
vations qui intéressent la pratique. Nous indiquerons principalement les 
points suivants : Poivre de Guinée, Muscade de Calabash. Les Jateorhiza 
ramenés au genre Chasmanthera. Création des genres nouveaux, de la 
famille des Légumineuses : Didelotia, Gri/fonia, Baudouinia, Duparquelia. 
Réunion des Anthonota aux Vompa d’Aublet, etc. 

CXIII. 

Observations sur les Saxifragées, l’organisation, les rapports et les 

LIMITES DE CETTE FAMILLE. 



On a dit avec raison que la famille des Saxifragées présentait, non- 
seulement entre les divers genres qui la composent, mais encore entre les 
diverses espèces d’un même genre, toutes les variations possibles dans les 




caractères que A. L. de Jussieu considérait comme de premier ordre. Cette 
vérité s’applique non-seulement au;: Saxifragées proprement dites, mais 
encore aux groupes qui, de l’avis de presque tous les auteurs, doivent leur 
être réunis : les Cunoniacées, Escalloniées, Hydrangées, etc. De même 
qu’on fait rentrer dans le genre Saxifrage des espèces à ovaire supère et à 
ovaire infère, nous rapprochons des Escalloniées les Pittosporées qui n’en 
diffèrent que par ce caractère. Les Ampterus étant, conformément à 
l’opinion de R. Brown, réunis aux Escallonia, nous faisons rentrer dans 
les Saxifragées les Brexiacées qui ne diffèrent aussi d’une manière essen¬ 
tielle de ,r.4no;)(erus que par la situation de l’ovaire. h’Ixerba qui appar¬ 
tient aux Brexiacées, crée en même temps, par ses loges pauciovulées, une 
relation entre celles-ci et les Célastrinées. 11 en est de même des Dulongia 
dont la placentation nettement pariétale fait une véritable Saxifragée. 
Les Bruniacées seraient dans le même cas que les Ixerba, quant au petit 
nombre des ovules; mais leur placentation est souvent aussi pariétale, et, 
par leur inflorescence, elles se rapprochent surtout des Codia et des 
Callicma. Les LoncAestoma, Bruniacées à ovules plus nombreux, ressem¬ 
blent plus encore à la plupart des Saxifragées, et mènent aux Rhodoleia 
dont les placentas sont pariétaux et par l’intermédiaire desquels les Hama- 
mélidées viennent toutes se joindre à ce groupe de plantes. Les Styraci- 
fluées sont désormais inséparables des Rhodoleia; et comme en même 
temps les Saxifragées peuvent avoir des carpelles totalement indépendants 
les uns des autres, elles deviennent limitrophes des Rosacées auxquelles 
les Eucryphiael les Bouerales rattachent d’une manière indissoluble. Quant 
aux Philadelphées, elles ne sont que des Saxifrt^ées à ovaire infère et à 
loges complètes ou à peu près. Le Fendlera et le Jamesia achèvent la 
réunion des deux groupes. Les Polyosmées de Blurae sont très-voisins des 
Dulongia. En somme, nous réunissons dans l’ordre des Saxifragées, tel 
que nous le comprenons : les Saxifragées et les Cunoniacées, les Fran- 
coacées, les Bauérées, les Escalloniées, les Argophyllées qui tiennent à la 
fois des Escalloniées et de.s Brexiacées, les Carpodetus, très-voisins des 
Argophgllum, les Hydrangées, les Philadelphées, les Eucryphiées, les 
Codiées, les Bruniacées, les Hamarnélldées, les Lonchostomées, les Rho- 
doléiées, les Styracifliiées, les Bucklandiées, les Dulongiées, les Pitlospo- 



— 88 — 

fées et les Brexiacées, enfin les Grossulariées qui ne diffèrent des Saxi- 
fragées que par la ounsistance de leur péricarpe. Dans toutes ces plantes, 
■la situation de l’ovaire par rapport aux autres parties de la fleur, et l’éten¬ 
due des placentas qui demeurent pariétaux ou se rejoignent au centre, 
sont des caractères ici trop variables pour pouvoir être pris en consi¬ 
dération. La présence ou l’absence des stipules ne saurait avoir une 
plus grande valeur: nous avons démontre que ces organes existent, 
quoique peu développés, dans les Brunia où l'on contestait leur 
existence. 


Éloge de M. Moqüin-Tandon. 

Cet écrit, d’une nature toute particulière, n’est indiqué ici qu’à cause 
des opinions, propres à l’auteur, qu’il contient sur la suburdinatioli des 
caractères, la Valeur des faits tératologiques, les caractères absolus, etc. 


Classement oe l’École de Botanique de la Faculté de Médecine. 


Classement, propre à l’auteur, des différentes Familles de plantes culti¬ 
vées dans les jardins botaniques, déduites les unes des autres, par les ca¬ 
ractères différentiels. Enumération, à la suite de chaque famille, des 
plantes qui intéressent la médecine, avec renvoi aux ouvrages classiques 
qui en ont traité en détail. 




OWRACiES EM VOIE OE PEIIEICVTIOM. 


CXVI. 

Leçons sur les Familles naturelles, par M. Payer. 

(Paris, ln-18). 

J’ai publié les livraisons 6 à 10 de cet ouvrage. La livraison 11 est 
imprimée. 

cxvn. 

Histoire des Plantes. 

La première partie, comprenant la Monographie des RenonculaceeSj est 
sous presse 

cxvm. 

Dictionnaire'ENCYCLOPEDIQUE DES sciences médicales. 

Rédaction d’un grand nombre d’articles relatifs aux plantes Phanéro¬ 
games et Cryptogames qui intéressent les sciences médicales. 




PUBEilCATION PÉBIOniQVE 
ÜUB LiA BOTANIQUE. 


CXIX. 

Adansonia, Recueil périodique d’observations botaniques. 

(6 roi. gr. IQ-S», avec planch., 1860-1865.) 

Ce recueil a paru tous les mois, depuis cinq ans et demi, avec régula¬ 
rité. Il est actuellement au milieu de son 6" volume annuel. Il a d’abord 
été rédigé par M. Bâillon seul ; dans ces dernières années, plusieurs de ses 
élèves ont coopéré à sa rédaction. Il est ouvert à tous tes botanistes qui y 
veulent insérer des mémoires inédits, quelles que soient d’ailleurs les opi¬ 
nions qui s’y trouvent exprimées.